
Photo : Orchi, CC BY-SA 3.0 · source
Plante grimpante · Aristolochiaceae
Aristoloche siphon
Aristolochia macrophylla
Dans d’autres langues : Duitse pijp (Nederlands) · Dutchman’s pipe (English)
L’aristoloche siphon vient de l’est de l’Amérique du Nord, où elle grimpe dans les forêts et le long des rivières. C’est une liane ligneuse et vigoureuse aux énormes feuilles en cœur de 10–30 cm, qui se chevauchent comme des tuiles et recouvrent entièrement une pergola ou une tonnelle en quelques années. Les fleurs étranges, en forme de pipe recourbée, se cachent sous le feuillage de mai à juillet. Elle est entièrement rustique, supporte l’ombre et sert souvent d’écran vert. Toutes ses parties sont toxiques.
Attention : Toutes les parties de la plante sont toxiques ; elles contiennent des acides aristolochiques, nocifs en cas d’ingestion. Tenez enfants et animaux à distance, n’en mangez jamais et ne l’utilisez pas comme herbe ou infusion. Portez des gants pour tailler.
Exposition
Soleil à ombre
pas difficile
Humidité
Normal à humide
ne doit pas se dessécher
Base juridique
Sable, limon ou argile
tout pH
Rusticité
Entièrement rustique
jusqu’à -25 °C
Encombrement
8 m
de haut, 4 m de large
Floraison
mai–juillet
| Mois de taille | février–mars |
|---|---|
| Hauteur | 8 m |
| Indigène en Belgique | Non, planté |
| Toxique pour l’homme et les animaux | Oui, attention aux enfants et aux animaux |
| Floraison | mai–juillet |
Reconnaître
Aristoloche siphon : quels signes distinctifs ?
- Port
- Liane ligneuse volubile (elle s’enroule autour des supports), 6–8 m de haut et jusqu’à 4 m de large ; perd ses feuilles en automne.
- Feuillage
- Grandes feuilles en cœur de 10–30 cm, vert tendre, qui se chevauchent comme des tuiles ; jaunes en automne.
- Fleur
- Fleurs en pipe recourbée de 3–4 cm, jaune-vert à lèvre brun-pourpre, cachées sous le feuillage. De mai à juillet.
- Support
- S’enroule autour de fils, cordes et lattes ; les tiges deviennent épaisses et lourdes et demandent un support solide.
- Racines
- Système racinaire puissant qui apprécie un emplacement profond et riche en humus.
Floraison : mai–juillet · Plantes : mars–avril et octobre · Taille : février–mars
Dans votre jardin
Pourquoi dans votre jardin ?
- D’énormes feuilles en cœur forment un écran luxuriant, façon jungle, à mi-ombre ou au soleil.
- Pousse vite jusqu’à environ 8 m de haut : idéale pour une pergola, une tonnelle ou un grand mur.
- Entièrement rustique jusqu’à environ −25 °C et satisfaite d’une terre de jardin ordinaire.
- Curieuses fleurs en forme de pipe : un sujet de conversation au jardin.
- Le mur de feuillage procure intimité et ombre en été.
Aristoloche siphon : quelle exposition ?
- Mi-ombre à ombre convient ; aussi au soleil, si le sol reste frais.
- Sol riche en humus et frais : sableux, limoneux ou argileux, d’acide à calcaire ; normal à humide.
- À l’abri du vent fort, qui déchire les grandes feuilles.
- Donnez-lui un support solide : une pergola, des fils tendus ou un solide treillage de 3–4 m de large.
- Plantez à au moins 50 cm d’un mur ou d’une clôture.
- Exposition
- Soleil, mi-ombre et ombre
- Type de sol
- Sable, limon ou argile
- Acidité
- Peu exigeant
- Humidité
- Normale ou humide
- Encombrement
- 8 m de haut, 4 m de large
- Rusticité
- Rustique (jusqu’à -25 °C)
Belle association avec
- Hosta : Grandes feuilles au pied, à la même mi-ombre.
- Fougères : Une plantation fraîche et verte pour l’ombre sous la liane.
- Anémone du Japon : Fleurit en fin d’été sous le mur de feuillage.
- Alchémille : Une douce bordure jaune à l’avant.
Entretien
Aristoloche siphon : quand et comment planter ?
Planter en mars–avril et octobre.
- Plantez en mars–avril ou en octobre, quand le sol n’est ni gelé ni détrempé.
- Creusez un trou deux fois plus large que la motte et mélangez-y du compost.
- Placez la plante à la même profondeur qu’en pot, à 30–40 cm du mur, et dirigez les tiges vers le support.
- Attachez légèrement les tiges aux fils ou aux lattes jusqu’à ce qu’elles s’enroulent d’elles-mêmes.
- Arrosez aussitôt abondamment, même s’il pleut.
- Étalez une couche de 5 cm de compost de feuilles en paillis au pied.
Entretien
- Arrosage
- La première année, chaque semaine en cas de sécheresse, ensuite seulement en longues périodes sèches ; donnez alors un bon arrosage au pied.
- Engrais
- En mars, du compost ou un engrais organique au pied.
- Paillage
- Une couche de compost de feuilles garde le pied frais et humide.
- Support
- Vérifiez chaque année la solidité du support : la plante devient lourde.
- Palissage
- Guidez les jeunes pousses vers le support au début ; ensuite elle s’enroule seule.
Conseil : Envie de voir les étranges fleurs en forme de pipe ? Soulevez délicatement le feuillage en mai–juin : elles s’y cachent. Prévoyez dès le départ un support solide, cela évite les problèmes plus tard.
Aristoloche siphon : quand tailler ?
Mois de taille : février–mars.
Quand : En février–mars, avant le départ de la végétation. Elle supporte une taille sévère.
Comment :
- Coupez les rameaux morts, grêles et abîmés.
- Raccourcissez les pousses trop longues ou envahissantes pour retrouver la forme souhaitée.
- Pour la rajeunir, coupez quelques vieilles tiges à environ 1 m du sol ; elle repart.
- Éclaircissez pour laisser passer la lumière et l’air entre les feuilles.
Attention : Portez des gants : toutes les parties sont toxiques. Ne laissez pas traîner les déchets de taille à portée des enfants ou des animaux.
Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base
Multiplication
- Boutures semi-aoûtées
- De juillet à août : boutures de 15 cm avec 2–3 nœuds dans un terreau sableux sous plastique, au chaud et à la lumière. L’enracinement est lent.
- Marcottage
- De mars à avril : couchez une longue tige dans le sol et fixez-la ; séparez et replantez après un an.
Aristoloche siphon : quelle résistance au froid ?
Rustique jusqu’à −25 °C.
- Entièrement rustique, jusqu’à environ −25 °C : aucune protection nécessaire, même lors des hivers belges rigoureux.
- Elle perd ses feuilles en automne et repart en avril. Les feuilles tombées font un paillis utile.
- Les jeunes plants reçoivent, les premiers hivers, une épaisse couche de paillis au pied.
- Une gelée nocturne tardive en avril peut roussir les jeunes pousses : couvrez-les d’un voile d’hivernage si une nuit froide est annoncée.
Maladies et ravageurs
- Pas de fleurs : Les jeunes plantes ne fleurissent qu’après quelques années et les fleurs sont cachées sous le feuillage. Patience et un emplacement à mi-ombre ou au soleil aident.
- Limaces : Les jeunes pousses sont grignotées en avril. Ramassez les limaces le soir ou posez des pièges.
- Pucerons et araignées rouges : Sur les jeunes pousses par temps sec et chaud. Rincez à l’eau et arrosez au pied.
- Feuilles brûlées ou déchirées : Dues au vent fort ou à la sécheresse dans un endroit ensoleillé. Prévoyez un abri et un arrosage régulier.
Toute l’année
- Janvier : Repos. Vérifier le support et les attaches.
- Février : Tailler avant le départ de la végétation.
- Mars : Terminer la taille. Compost. Planter.
- Avril : Planter. Pailler. Surveiller limaces et gelées tardives.
- Mai : Début de la floraison, sous le feuillage. Guider les pousses.
- Juin : Floraison. Arroser en cas de sécheresse.
- Juillet : Floraison. Prélever des boutures semi-aoûtées.
- Août : Boutures. Arroser en cas de sécheresse.
- Septembre : Le feuillage commence à changer de couleur.
- Octobre : Planter. Couleurs d’automne jaunes. Laisser les feuilles tombées en paillis.
- Novembre : Chute des feuilles. Vérifier le support.
- Décembre : Repos.
Utiliser
Comestible et utile
Pas comestible. Toutes les parties de l’aristoloche sont toxiques : elles contiennent des acides aristolochiques, qui abîment durablement les reins et peuvent provoquer des cancers, même en petites quantités absorbées longtemps. Des espèces voisines servaient autrefois de plantes médicinales, et des remèdes à base d’aristoloche ont provoqué de graves maladies rénales ; ils sont donc interdits. N’en faites jamais de tisane, de remède ni rien d’autre à avaler, et n’en mangez rien. Tenez les enfants et les animaux à l’écart de la plante et de ses fleurs en forme de pipe, et portez des gants pour la tailler. En cas d’ingestion, appelez aussitôt le Centre Antipoisons (070 245 245 en Belgique) ou votre médecin.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- Les fleurs sont de petites prisons : une mouche attirée glisse dans le tube et reste prise entre des poils jusqu’à ce que la fleur soit pollinisée et la relâche.
- En Amérique du Nord, la plante nourrit les chenilles d’un papillon porte-queue (Battus philenor).
- Le nom vient de la forme de la fleur, qui ressemble à une vieille pipe recourbée : en anglais ‘Dutchman’s pipe’.