
Photo : Kristian Peters -- Fabelfroh 09:00, 2 October 2006 (UTC), CC BY-SA 3.0 · source
Plante herbacée · Apiacées (Apiaceae)
Cicutaire vireuse
Cicuta virosa
Dans d’autres langues : Waterscheerling (Nederlands) · Cowbane (English)
Pousse à l’état sauvage en Belgique.
La cicutaire vireuse est une ombellifère vivace des marais, des berges d’étangs et de fossés, des roselières et des tremblants. En Belgique, elle est rare et se trouve surtout dans d’anciens marais et le long de berges peu profondes en voie d’atterrissement. On la reconnaît à sa tige creuse et glabre, à ses feuilles deux à trois fois pennées aux segments étroits, finement dentés en scie, et surtout à son épais rhizome, qui montre à la coupe des petites chambres creuses et laisse couler un suc jaunâtre à odeur de céleri ou de panais. En juillet–août, elle porte de grandes ombelles blanches qui attirent beaucoup de syrphes, de mouches et de coléoptères. C’est l’une des plantes les plus toxiques d’Europe : un petit morceau de rhizome peut déjà être mortel pour l’homme et l’animal.
Attention : Très toxique : la cicutaire vireuse est l’une des plantes les plus toxiques d’Europe. Toutes les parties sont toxiques, surtout le rhizome ; un petit morceau peut déjà être mortel pour l’homme et les animaux. Les enfants, les animaux domestiques et le bétail au pâturage, comme les bovins, les chevaux et les moutons, sont les plus exposés. Ne mangez jamais d’ombellifères ou de racines sauvages : le rhizome sent le céleri ou le panais et peut être confondu avec eux. Portez des gants pour tout travail sur la plante, lavez-vous les mains ensuite et ne la plantez pas là où jouent des enfants ou pâturent des animaux. Elle est rare en Belgique : ne la déterrez jamais dans la nature. En cas de suspicion d’intoxication, appelez immédiatement le 112 ou le Centre Antipoisons.
Exposition
Soleil ou mi-ombre
de préférence un peu de soleil
Humidité
Humide à détrempé
ne doit pas se dessécher
Rusticité
Entièrement rustique
jusqu’à -30 °C
Encombrement
1 m
de haut, 0,5 m de large
Floraison
juillet–août
| Mois de taille | mars |
|---|---|
| Hauteur | 1 m |
| Indigène en Belgique | Oui |
| Floraison | juillet–août |
Reconnaître
Comment la reconnaître
- Port
- Vivace robuste de 50–150 cm, à tige dressée, ramifiée, creuse, glabre et cannelée, souvent les pieds dans l’eau.
- Feuille
- Grande, deux à trois fois pennée, aux segments étroits, lancéolés, finement dentés en scie, de 2–10 cm ; glabre et vert frais.
- Fleur
- Petites fleurs blanches en grandes ombelles bombées de 10–30 rayons, sans involucre mais avec de nombreuses petites bractées étroites sous les ombellules ; en juillet–août.
- Fruit/Graine
- Petits fruits presque globuleux, glabres, d’environ 2 mm, à côtes larges et plates.
- Racines
- Un épais rhizome tubéreux qui montre à la coupe des petites chambres creuses séparées par des cloisons transversales et laisse couler un suc jaunâtre à odeur de céleri ou de panais. C’est la partie la plus toxique.
- Confusion possible
- La berle à larges feuilles a des feuilles simplement pennées à larges folioles dentées et pas de rhizome cloisonné. La grande ciguë pousse dans des endroits plus secs et a une tige tachée de pourpre et une odeur de souris. Le céleri sauvage et le panais ont une odeur semblable, mais une autre forme de feuille : une confusion avec le rhizome peut être mortelle.
Floraison : juillet–août · Taille : mars
Dans votre jardin
Pourquoi dans votre jardin ?
- De grandes ombelles blanches en juillet–août, pleines de syrphes, de mouches, de coléoptères et de guêpes.
- Une plante rare et caractéristique des berges en voie d’atterrissement et des tremblants, des milieux marécageux précieux et fragiles.
- Les tiges creuses offrent en hiver un abri aux insectes au milieu des roseaux.
- Une plante à bien connaître : qui la reconnaît évite des confusions mortelles avec des ombellifères comestibles.
- Une silhouette impressionnante au bord de l’eau, jusqu’à 1,5 m de haut, au feuillage finement découpé.
Cicutaire vireuse : quelle exposition ?
- À l’état sauvage, dans les marais, les roselières, les tremblants, les aulnaies marécageuses et le long des berges peu profondes d’étangs, de lacs et de fossés.
- Souvent les pieds dans l’eau peu profonde ou sur des radeaux flottants de végétation.
- Soleil à mi-ombre légère.
- Sol humide, riche, tourbeux ou vaseux.
- Au jardin, elle ne convient qu’à un grand étang naturel avec une zone marécageuse peu profonde, loin des endroits où jouent des enfants ou pâturent des animaux.
Belle association avec
- Iris des marais : Des fleurs jaunes en mai–juin dans la même zone marécageuse peu profonde.
- Salicaire commune : Des épis violets en juillet–août à côté des ombelles blanches.
- Ményanthe trèfle d’eau : Des fleurs blanches frangées au printemps dans l’eau peu profonde.
- Comaret des marais : Des fleurs rouge foncé sur des radeaux flottants, comme dans les tremblants.
Entretien
Cicutaire vireuse : quand et comment planter ?
- Réfléchissez bien avant de la planter : ne plantez la cicutaire qu’au bord d’un grand étang naturel inaccessible aux jeunes enfants, aux animaux domestiques et au bétail.
- Ne déterrez jamais de plantes dans la nature, où elle est rare : achetez-les chez un pépiniériste spécialisé en plantes aquatiques indigènes.
- Plantez en avril–mai dans la zone marécageuse peu profonde, le pied dans 0–20 cm d’eau, à 50 cm des autres plantes.
- Portez des gants pour planter, ne touchez pas le rhizome à mains nues et lavez-vous les mains ensuite.
- Placez une étiquette bien visible près de la plante, pour que personne ne la prenne pour une ombellifère comestible.
- L’arrosage est inutile tant que la zone marécageuse reste humide.
Entretien
- Arrosage
- Elle doit toujours avoir les pieds dans l’humide ; lors d’un été sec, complétez l’étang avec de l’eau de pluie.
- Fertilisation
- Inutile ; la vase d’un étang contient assez d’éléments nutritifs.
- Laisser tomber les graines
- Elle se ressème sur les berges humides. Coupez les ombelles après la floraison, avec des gants, si vous ne voulez pas de nouvelles plantes.
- Sécurité
- Travaillez toujours avec des gants. Ne déposez jamais de déchets de la plante dans une prairie ou près d’animaux ; évacuez-les avec les déchets organiques.
- Atterrissement
- Gardez la zone marécageuse ouverte en éclaircissant tous les quelques ans les roseaux et les massettes.
Conseil : Apprenez à reconnaître la cicutaire à ses petites feuilles étroites, finement dentées en scie, et à ses grandes ombelles blanches au bord de l’eau, et ne coupez jamais le rhizome sans gants. En cas de doute : n’y touchez pas et ne la cueillez pas.
Taille et fauche
Mois de taille : mars.
Quand : En mars : ne coupez les tiges mortes qu’à ce moment-là, pour qu’elles abritent des insectes en hiver.
Comment :
- Coupez les vieilles tiges juste au-dessus de l’eau, toujours avec des gants.
- Si vous ne voulez pas de semis, coupez les ombelles en août, avant que les fruits soient mûrs.
- Ne laissez pas de déchets de la plante dans l’étang ni dans une prairie.
- Après le travail, lavez-vous les mains et nettoyez votre sécateur.
Attention : Lors de l’entretien, ne touchez jamais au rhizome sans gants : c’est la partie la plus toxique de la plante.
Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base
Multiplication
- Semis
- Semez des graines fraîches en automne dans une caisse de terre vaseuse humide laissée dehors : elles germent après l’hiver. Portez des gants.
- Division
- Au printemps, coupez un morceau de rhizome avec un bourgeon et plantez-le dans la zone marécageuse, toujours avec des gants.
- Dispersion par l’eau
- Les petits fruits peuvent flotter et se disperser le long de la berge ; tenez-en compte pour un étang relié à un ruisseau ou à un fossé.
Cicutaire vireuse : quelle résistance au froid ?
Rustique jusqu’à −30 °C.
- Les feuilles et les tiges meurent en automne ; la plante passe l’hiver grâce à son épais rhizome dans la vase humide.
- Entièrement rustique, jusqu’à environ −30 °C.
- Les tiges mortes et creuses abritent des insectes au milieu des roseaux.
- Même en hiver, le rhizome reste toxique : soyez prudent lors du curage de l’étang.
Maladies et ravageurs
- Toxicité : Toutes les parties, et surtout le rhizome, sont très toxiques. Tenez les enfants, les chiens et le bétail à l’écart de la plante.
- Confusion : Le rhizome sent le céleri ou le panais. Ne mangez jamais d’ombellifères ou de racines sauvages que vous ne connaissez pas avec certitude.
- Curage : Lors du nettoyage d’un étang, des morceaux de rhizome peuvent remonter. Travaillez avec des gants et n’épandez jamais la vase dans une prairie.
- Pucerons : Sur les jeunes ombelles. Les coccinelles et les larves de syrphes s’en chargent.
- Envahissement : Les roseaux et les massettes peuvent l’étouffer. Éclaircissez-les tous les quelques ans.
Toute l’année
- Mars : Couper les tiges mortes, avec des gants.
- Avril : Les nouvelles feuilles apparaissent. Planter dans la zone marécageuse.
- Mai : Planter. Garder la zone marécageuse humide.
- Juin : Les tiges florales poussent.
- Juillet : Début de la floraison : grandes ombelles blanches.
- Août : Pleine floraison, syrphes sur les ombelles. Couper éventuellement les ombelles avant la formation des graines.
- Septembre : Les petits fruits mûrissent. Semer en caisse.
- Octobre : Les feuilles meurent.
- Novembre : Laisser les tiges creuses pour les insectes.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- Le nom anglais cowbane signifie à peu près fléau des vaches : le bétail qui mange la plante peut en mourir.
- La ciguë avec laquelle Socrate fut exécuté dans l’Athènes antique n’était pas cette espèce, mais la grande ciguë.
- Le poison de la cicutaire s’appelle cicutoxine et agit sur le système nerveux.