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Arbre · Moracées (Moraceae)
Mûrier à papier
Broussonetia papyrifera
Dans d’autres langues : Papiermoerbei (Nederlands) · Paper mulberry (English)
Vient d’en dehors de l’Europe, mais on la voit souvent ici dans les jardins et les parcs.
Le mûrier à papier est un arbre caduc à croissance rapide d’Asie orientale et du Sud-Est, de la famille du mûrier et du figuier. Il y pousse en lisière de forêt, le long des rivières et sur les terrains ouverts et perturbés, et il s’est souvent naturalisé ailleurs dans les régions chaudes du monde. En Belgique, il ne pousse pas à l’état sauvage : on le trouve de temps en temps dans les parcs, les arboretums et les jardins de ville. On le reconnaît à son feuillage capricieux, qui peut être entier ou profondément lobé sur un même rameau, rugueux comme du papier de verre dessus et doux comme du velours dessous, et au latex blanc qui s’écoule d’un pétiole cassé. Son écorce interne sert depuis des siècles à fabriquer du papier et des étoffes d’écorce, ce qui lui donne une place à part dans l’histoire des cultures.
Attention : Les arbres mâles libèrent en mai beaucoup de pollen, qui peut provoquer le rhume des foins chez les personnes sensibles. L’arbre drageonne et se naturalise facilement par graines dans les régions chaudes : ne le plantez pas dans un espace naturel ni à proximité.
Exposition
Plein soleil
chaud et lumineux
Humidité
Sec à normal
pas les pieds dans l’eau
Rusticité
Entièrement rustique
jusqu’à -20 °C
Encombrement
8 m
de haut, 6 m de large
Floraison
mai–juin
| Mois de taille | janvier–février |
|---|---|
| Hauteur | 8 m |
| Indigène en Belgique | Non, planté |
| Floraison | mai–juin |
Reconnaître
Comment la reconnaître
- Port
- Petit à moyen arbre, chez nous le plus souvent 6–10 m, souvent à plusieurs troncs, avec une couronne large, arrondie, un peu irrégulière. Il drageonne.
- Feuille
- 7–20 cm, ovale, tantôt entière, tantôt à 2–5 lobes profonds, à marge dentée. Dessus rugueux comme du papier de verre, dessous vert grisâtre et velouté. Un pétiole cassé laisse couler un latex blanc.
- Fleur
- Espèce dioïque : en mai, les arbres mâles portent des chatons pendants, vermiformes, de 3–8 cm ; les arbres femelles de petites boules de 1–2 cm aux longs styles pourpres.
- Fruit
- Un fruit composé sphérique de 2–3 cm, d’abord vert, rouge orangé en août–septembre, hérissé de petits fruits charnus saillants. Comestible, sucré mais fade, et vite gâté.
- Rameaux et écorce
- Jeunes rameaux densément poilus ; écorce lisse et gris clair, plus tard finement crevassée. Le bois est tendre et cassant.
- Confusion possible
- Les mûriers (Morus) ont aussi des feuilles de forme variable et du latex, mais des fruits allongés comme une mûre de ronce et pas de dessous de feuille velouté. Le figuier a des feuilles plus grandes et plus épaisses, palmées, et porte des figues.
Floraison : mai–juin · Taille : janvier–février
Dans votre jardin
Pourquoi dans votre jardin ?
- Un feuillage étonnant et ludique : sur le même arbre, on trouve des feuilles entières, en forme de moufle et profondément découpées.
- Il pousse vite et supporte la sécheresse, la chaleur, les sols pauvres et l’air des villes.
- Les arbres femelles portent en fin d’été de curieux fruits sphériques rouge orangé, que les oiseaux aiment picorer.
- Un morceau vivant d’histoire : matière première du papier en Asie orientale et du tapa, l’étoffe d’écorce des îles du Pacifique.
- Un arbre original pour un jardin de ville chaud ou une collection d’arbres exotiques.
Mûrier à papier : quelle exposition ?
- Dans son aire d’origine, en lisière de forêt, le long des rivières, sur les terrains ouverts et perturbés et autour des villages ; ailleurs souvent naturalisé sur les friches et le long des routes.
- Au jardin : plein soleil, à un endroit chaud et abrité, par exemple contre un mur exposé au sud ou dans un jardin de ville.
- Tout sol bien drainé, même pauvre, sec ou calcaire ; pas de sol humide.
- Les branches sont cassantes : abritez-le des vents forts. Prévoyez 5–6 m d’espace et gardez-le à distance des terrasses, où les fruits tombés font des taches.
Belle association avec
- Figuier : Lui aussi a des feuilles rugueuses et lobées, et il aime aussi un mur chaud et ensoleillé.
- Mûrier noir : Un parent aux fruits rouge foncé et juteux : ensemble, un petit coin des mûriers.
- Lavande : Fleurit en été dans le même soleil sec et attire les abeilles, ce que le mûrier à papier ne fait pas.
- Géranium sanguin : Un couvre-sol bas et robuste pour le sol sec en bordure de la couronne.
Entretien
Mûrier à papier : quand et comment planter ?
- Achetez un jeune arbre en conteneur chez un pépiniériste qui vend des arbres exotiques. Demandez s’il s’agit d’un plant mâle ou femelle, si on le sait : seuls les arbres femelles portent des fruits.
- Plantez en avril–mai, quand le sol s’est réchauffé : il pourra ainsi bien s’enraciner avant son premier hiver.
- Creusez un trou deux fois plus large que la motte, placez l’arbre à la même profondeur que dans son pot et tassez bien la terre.
- Arrosez aussitôt avec 10–20 litres d’eau et placez un tuteur oblique du côté du vent.
- Les premiers hivers, protégez le tronc d’un jeune arbre avec de la toile de jute ou un voile en cas de fortes gelées.
- Ne déterrez jamais de plantes dans la nature, même en voyage : achetez-les en pépinière.
Entretien
- Arrosage
- La première année, un bon arrosoir chaque semaine par temps sec. Ensuite, il supporte bien la sécheresse.
- Fertilisation
- Inutile. Trop d’engrais donne un bois tendre et long qui gèle facilement en hiver.
- Drageons
- Des pousses sortent des racines, parfois à plusieurs mètres du tronc. Arrachez-les ou coupez-les dès qu’elles apparaissent.
- Protection hivernale
- Les deux ou trois premiers hivers, un épais paillis sur les racines et de la toile de jute autour du tronc par fortes gelées.
- Fruits
- Ramassez les fruits tombés sur les allées et les terrasses ; ils sont mous et tachent.
Conseil : Si vous êtes sensible au rhume des foins, choisissez un arbre femelle : il ne produit pas de pollen. Donnez-lui l’endroit le plus chaud et le plus abrité du jardin.
Taille et fauche
Mois de taille : janvier–février.
Quand : En janvier–février, quand l’arbre est en plein repos et qu’il ne gèle pas fort.
Comment :
- Supprimez les branches mortes, cassées et qui se croisent ; rabattez les extrémités gelées jusqu’au bois vivant.
- Raccourcissez les branches trop longues et cassantes, pour qu’elles ne se brisent pas sous le vent ou le poids des fruits.
- Il supporte une taille sévère et repart bien sur le vieux bois ; on peut aussi le conduire en têtard.
- Coupez les drageons toute l’année, le plus près possible de la racine.
Attention : À la taille, un latex blanc et collant s’écoule : portez des gants. Ne taillez pas au printemps, quand la sève se remet à monter.
Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base
Multiplication
- Drageons
- Au printemps, détachez une pousse avec un morceau de racine et mettez-la en pot. C’est la méthode la plus simple.
- Boutures de racines
- En janvier–février, couchez des tronçons de racine de 5–10 cm à plat dans un pot de terre sableuse, couvrez légèrement et placez à l’abri du gel.
- Semis
- Retirez les graines des fruits mûrs, rincez-les et semez-les au printemps en pot à environ 20 °C. Seuls les arbres femelles pollinisés donnent des graines fertiles.
Mûrier à papier : quelle résistance au froid ?
Rustique jusqu’à −20 °C.
- Caduc : en automne, le feuillage devient jaune à brun et tombe.
- Rustique jusqu’à environ −20 °C ; les extrémités des rameaux et les jeunes arbres peuvent geler, mais repartent le plus souvent du vieux bois.
- Les premiers hivers, étalez un épais paillis sur les racines et choisissez un endroit à l’abri du vent froid.
Maladies et ravageurs
- Rameaux gelés : Après un hiver rigoureux, les extrémités des rameaux sont mortes. Rabattez-les jusqu’au bois vivant ; l’arbre repart généralement avec vigueur.
- Drageons : Des pousses issues des racines dans la pelouse ou le massif. Coupez-les régulièrement ; la tonte suffit dans une pelouse.
- Branches cassées : Le bois tendre casse par tempête ou sous le poids des fruits. Raccourcissez à temps les branches trop longues et plantez à l’abri.
- Nectria : Pustules rouge orangé sur les branches mortes. Coupez le bois mort à temps et évacuez-le.
Toute l’année
- Janvier : Tailler par temps doux. Prendre des boutures de racines.
- Février : Encore possible de tailler. Protéger les jeunes arbres par fortes gelées.
- Avril : Planter. Détacher des drageons et les mettre en pot.
- Mai : Feuillaison et floraison des chatons et des petites boules. Couper les extrémités mortes, gelées.
- Juin : Fin de la floraison. Supprimer les drageons.
- Juillet : Arroser par temps sec, surtout la première année.
- Août : Arbres femelles : les fruits deviennent rouge orangé.
- Septembre : Goûter les fruits mûrs ou les laisser aux oiseaux. Récolter les graines.
- Octobre : Le feuillage jaunit et brunit.
- Novembre : Chute des feuilles. Pailler les racines des jeunes arbres.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- Broussonetia rend hommage au naturaliste français Pierre Broussonet ; papyrifera signifie « qui porte du papier ». En Asie orientale, on fabrique du papier avec son écorce interne depuis des siècles, au Japon notamment le washi traditionnel.
- Il y a des milliers d’années, des navigateurs austronésiens l’ont emporté à travers le Pacifique, jusqu’à Hawaï et l’île de Pâques, pour battre son écorce en tapa, une étoffe pour les vêtements et les cérémonies.
- À Islamabad, au Pakistan, il s’est naturalisé en masse et son pollen est l’une des principales causes de rhume des foins.