
Photo : Ivar Leidus, CC BY-SA 4.0 · source
Fougère · Équisétacées (Equisetaceae)
Prêle des champs
Equisetum arvense
Dans d’autres langues : Heermoes (Nederlands) · Field horsetail (English)
Pousse à l’état sauvage en Belgique.
La prêle des champs est une prêle commune au cycle étonnant : en mars et en avril apparaissent d’abord des tiges brunes non ramifiées portant un épi à spores, puis des tiges vertes et creuses garnies de verticilles de fins rameaux. Elle pousse dans toute la Belgique dans les champs, au bord des routes, sur les digues, les talus de chemin de fer, le long des fossés et dans les jardins, souvent sur un sol humide et un peu tassé. Avec ses rhizomes profonds et traçants, c’est une mauvaise herbe tenace au potager et dans les massifs. Les prêles existent depuis des centaines de millions d’années ; leurs lointains ancêtres ont contribué à former les forêts du charbon. Elle est toxique pour les animaux, surtout pour les chevaux lorsqu’elle se trouve dans le foin.
Attention : La prêle des champs est toxique pour les chevaux et le reste du bétail, surtout séchée dans le foin ; la prêle des marais, qui lui est apparentée, l’est encore plus. Tenez-la à l’écart des prairies et des prés de fauche. Ne jetez pas les rhizomes sur le compost et ne l’introduisez jamais dans un autre jardin.
Exposition
Soleil ou mi-ombre
de préférence un peu de soleil
Humidité
Normal à humide
ne doit pas se dessécher
Rusticité
Entièrement rustique
jusqu’à -30 °C
Encombrement
0,4 m
de haut, 1 m de large
| Mois de taille | mars–septembre |
|---|---|
| Hauteur | 0,4 m |
| Indigène en Belgique | Oui |
Reconnaître
Comment la reconnaître
- Port
- Plante vivace à deux sortes de tiges : au printemps, des tiges fertiles brunes, puis des tiges stériles vertes de 10–50 cm.
- Tige fertile
- Brun clair, non ramifiée, sans chlorophylle, terminée par un épi à spores de 1–4 cm ; en mars–avril, elle meurt ensuite.
- Tige verte
- Creuse et articulée, avec des verticilles de fins rameaux quadrangulaires dressés en oblique, comme un petit sapin.
- Feuille
- Réduite à une couronne de dents (gaine) autour de chaque nœud.
- Racines
- Rhizomes noirs et ramifiés qui descendent à plusieurs mètres, avec de petits tubercules de réserve.
- Confusion possible
- La prêle des marais n’a pas de tiges brunes au printemps : l’épi se trouve au sommet d’une tige verte. Chez la prêle des champs, le premier article d’un rameau est plus long que la gaine de la tige principale ; chez la prêle des marais, il est plus court.
Taille : mars–septembre
Dans votre jardin
Pourquoi dans votre jardin ?
- Un fossile vivant : un groupe de plantes qui existait bien avant les dinosaures.
- Amusante à observer avec les enfants : les tiges brunes à spores en mars, les « petits sapins » verts en été et les tiges que l’on peut séparer aux nœuds.
- Une plante chargée d’histoire : grâce à la silice de ses tiges, on s’en servait autrefois pour récurer l’étain et les casseroles.
- Elle pousse là où peu d’autres plantes le veulent : sur des sols humides et tassés et sur les talus de chemin de fer.
- Un indicateur d’un sous-sol humide ou tassé dans votre jardin.
Prêle des champs : quelle exposition ?
- Dans la nature, dans les champs, au bord des routes, sur les digues, les talus de chemin de fer, le long des fossés et sur les terrains vagues.
- Sol frais à humide, souvent tassé : sable, limon ou argile.
- Soleil à mi-ombre.
- Au jardin : rarement souhaitée ; elle apparaît toute seule au potager, dans les massifs et entre les pavés.
Belle association avec
- Populage des marais : Des fleurs jaunes en mars–avril au bord du bassin, juste quand les tiges à spores apparaissent.
- Myosotis des marais : De petites fleurs bleues sur le même sol humide.
- Salicaire commune : Des épis pourpres en été le long d’un fossé.
- Iris des marais : De hautes fleurs jaunes au bord de l’eau.
Entretien
Prêle des champs : quand et comment planter ?
- Ne plantez jamais la prêle des champs au potager ou dans un massif : une fois installée, il est presque impossible de s’en débarrasser.
- Si vous voulez tout de même la montrer, par exemple près d’un bassin ou dans un jardin d’école, plantez-la dans un grand pot sans trous, pour que les rhizomes ne puissent pas s’échapper.
- Prenez un morceau de rhizome dans un jardin où elle doit partir, ou achetez une plante chez un pépiniériste spécialisé en plantes indigènes ou aquatiques ; ne prélevez jamais de plantes dans une réserve naturelle.
- Plantez en mars–avril, à 5–10 cm de profondeur, dans une terre humide.
- Gardez toujours la terre du pot humide et posez le pot sur une dalle, pas dans un massif.
Entretien
- Arrosage
- En pot, toujours humide ; en pleine terre, inutile.
- Engrais
- Inutile.
- Lutte
- Arrachez ou coupez les tiges vertes dès qu’elles apparaissent : le rhizome finit ainsi par s’épuiser. Bêcher ne sert à rien.
- Améliorer le sol
- Améliorez le drainage et réduisez le tassement ; sur un sol meuble et plus sec, elle se plaît moins.
- Couverture du sol
- Une plantation dense ou un paillis épais lui compliquent la vie, même si elle passe souvent au travers.
Conseil : Arrachez les tiges vertes dès qu’elles sortent de terre, encore et encore : si vous persévérez quelques années, le rhizome s’épuise. Bêcher ne fait que multiplier les fragments.
Taille et fauche
Mois de taille : mars–septembre.
Quand : De mars à septembre, chaque fois que de nouvelles tiges apparaissent.
Comment :
- En mars–avril, retirez les tiges brunes à spores avant la libération des spores.
- Arrachez ou coupez les tiges vertes au ras du sol ; elles se cassent facilement aux nœuds.
- Au bord d’une route ou dans une pelouse, la tonte ne la fait pas disparaître, mais la garde basse.
Attention : Ne jetez pas les rhizomes sur le compost : chaque fragment peut repousser.
Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base
Multiplication
- Rhizomes
- Son principal moyen de propagation : chaque fragment de rhizome ou de tubercule peut donner une nouvelle plante, même transporté avec de la terre ou des plantes en pot.
- Spores
- En mars–avril, des spores vertes sont libérées par les épis ; elles ne germent que sur un sol nu et humide et jouent un rôle moindre.
Prêle des champs : quelle résistance au froid ?
Rustique jusqu’à −30 °C.
- Les tiges vertes meurent en automne ; les rhizomes et leurs tubercules passent l’hiver profondément dans le sol.
- Parfaitement rustique.
- En mars–avril, les tiges brunes à spores apparaissent en premier, avant les vertes.
Maladies et ravageurs
- Envahissement : Elle surgit partout à partir de rhizomes profonds. Persévérez dans l’arrachage, pendant des années.
- Sol humide et tassé : La prêle signale un sous-sol humide et compact. Améliorez le drainage et évitez de marcher ou de rouler sur un sol détrempé.
- Toxique dans le foin : Nocive pour les chevaux et le reste du bétail quand elle se trouve dans le foin. Tenez-la à l’écart des prairies de fauche destinées aux animaux.
- Propagation par la terre : Des fragments de rhizomes voyagent avec la terre apportée. Contrôlez bien la terre et les plantes en pot.
Toute l’année
- Mars : Les tiges brunes à spores apparaissent. Les retirer avant la libération des spores.
- Avril : Libération des spores. Premières tiges vertes.
- Mai : Arracher les tiges vertes là où elle n’est pas souhaitée.
- Juin : Tiges vertes adultes. Continuer à arracher.
- Juillet : Arracher ou couper, même après une tonte.
- Août : Continuer à retirer les nouvelles tiges.
- Septembre : Dernier arrachage.
- Octobre : Les tiges meurent.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- En allemand, la prêle des champs s’appelle Zinnkraut, « herbe à l’étain » : grâce à la silice de ses tiges, on s’en servait autrefois pour récurer les assiettes et les pots en étain.
- Au Carbonifère, des parents des prêles atteignaient la taille d’arbres, et leurs restes forment aujourd’hui une partie du charbon.
- Les spores portent quatre petits rubans qui se déroulent par temps sec et s’enroulent à l’humidité : elles « sautent » ainsi.