
Photo : Enrico Blasutto, CC BY-SA 4.0 · source
Fougère · Équisétacées (Equisetaceae)
Grande prêle
Equisetum telmateia
Dans d’autres langues : Reuzenpaardenstaart (Nederlands) · Great horsetail (English)
Pousse à l’état sauvage en Belgique.
La grande prêle est la plus grande prêle d’Europe : ses tiges stériles atteignent 0,5–1,5 m, sont d’un blanc ivoire frappant et portent des verticilles serrés de fins rameaux verts. Elle pousse dans les endroits humides et calcaires où l’eau souterraine affleure : bois de sources, suintements sur les pentes, bords de ruisseaux et talus humides. En Belgique, elle est assez rare ; en Flandre, on la voit surtout dans les régions vallonnées riches en suintements. En mars–avril apparaissent d’abord les tiges fertiles, pâles et non ramifiées, coiffées d’un gros épi. Elle a l’air d’une plante préhistorique et trahit les endroits où sourd une eau riche en calcaire.
Attention : Les prêles peuvent être nocives pour les animaux qui pâturent, surtout les chevaux, si elles se retrouvent en grande quantité dans le foin ou la prairie. Elle est très envahissante par ses rhizomes profonds. Ne la prélevez jamais dans la nature : les bois de sources et les suintements sont des milieux fragiles.
Exposition
Mi-ombre ou ombre
supporte peu de soleil
Humidité
Humide à détrempé
ne doit pas se dessécher
Rusticité
Entièrement rustique
jusqu’à -25 °C
Encombrement
1,2 m
de haut, 1 m de large
| Mois de taille | novembre |
|---|---|
| Hauteur | 1,2 m |
| Indigène en Belgique | Oui |
Reconnaître
Comment la reconnaître
- Port
- Plante vivace sans fleurs, aux tiges dressées issues d’un rhizome profond et traçant ; forme de grandes colonies.
- Tige
- Tiges stériles de 0,5–1,5 m et jusqu’à 2 cm d’épaisseur, blanc ivoire et lisses, avec à chaque nœud un verticille serré de fins rameaux verts.
- Feuille
- Les vraies feuilles sont soudées en gaines autour des nœuds, avec 20–40 dents étroites et brunes. Le vert de la plante se trouve dans les rameaux.
- Spores
- En mars–avril apparaissent des tiges fertiles séparées, non ramifiées, d’un blanc brunâtre pâle, de 15–40 cm, avec un épi de 4–8 cm. Elles se fanent dès que les spores vertes sont dispersées.
- Racines
- Rhizomes profonds, sombres et ramifiés qui peuvent courir loin ; les fragments cassés repartent facilement.
- Confusion avec
- La prêle des champs est bien plus petite, avec des tiges vertes au lieu de blanches et des gaines à moins de dents. La prêle des marais a des tiges fines et vertes, peu de rameaux et des dents de gaine noires bordées de blanc ; elle est toxique pour le bétail.
Taille : novembre
Dans votre jardin
Pourquoi dans votre jardin ?
- Un fossile vivant : les prêles existent depuis des centaines de millions d’années et ont eu jadis des parentes de la taille d’un arbre.
- Une plante architecturale spectaculaire pour un coin humide et ombragé : les tiges blanches aux verticilles verts ressemblent à de petits sapins.
- Elle signale les suintements : là où elle pousse, une eau souterraine calcaire remonte. Ces endroits sont souvent riches en plantes remarquables.
- Les peuplements denses et les tiges couchées abritent amphibiens et petits animaux sur le sol humide.
- Au printemps, les tiges fertiles pâles et leurs épis offrent un spectacle étonnant.
Grande prêle : quelle exposition ?
- Dans la nature : bois de sources, suintements sur les pentes, bords de ruisseaux, talus humides et fossés, souvent sous les aulnes et les frênes.
- Sol humide à détrempé, argileux ou limoneux et calcaire, avec une eau souterraine en mouvement.
- Mi-ombre à ombre ; au soleil seulement si le sol reste toujours humide.
- Au jardin : seulement pour un grand jardin naturel humide, un bord d’étang ou une petite source, de préférence dans une grande cuve ou derrière une barrière anti-rhizomes.
Belle association avec
- Laîche pendante : Pousse sur les mêmes suintements et offre en contraste des épis gracieusement retombants.
- Populage des marais : Fleurs jaune d’or en avril, juste quand les tiges fertiles apparaissent.
- Reine-des-prés : Panicules crème et parfumées en été sur sol humide.
- Aulne glutineux : L’arbre classique des bois de sources ; il donne la mi-ombre qu’elle recherche.
Entretien
Grande prêle : quand et comment planter ?
- Réfléchissez bien : dans un jardin ordinaire, elle devient envahissante et il est difficile de s’en débarrasser. Ne la choisissez que pour un grand endroit humide.
- Ne la prélevez jamais dans la nature : ses stations sont fragiles et se trouvent souvent en zone naturelle. Achetez une plante chez un pépiniériste spécialisé en plantes aquatiques ou indigènes.
- Plantez en avril–mai en sol humide et calcaire, dans une grande cuve enterrée sans trous ou derrière une barrière anti-rhizomes aussi profonde que possible, au moins 60 cm.
- Placez le rhizome à 5–10 cm de profondeur et tassez bien la terre.
- Gardez le sol humide toute la première année, été compris.
Entretien
- Arrosage
- Le sol ne doit jamais sécher ; près d’un suintement ou d’un étang, cela se règle tout seul.
- Engrais
- Inutile : elle trouve tout ce qu’il lui faut dans l’eau de source et le sol.
- Envahissement
- Chaque printemps, coupez à la bêche les rhizomes qui sortent de la zone voulue et arrachez les nouvelles tiges dès leur apparition ; le rhizome finit par s’épuiser.
- Nettoyage
- En automne, les tiges se couchent. Laissez-les comme abri ou coupez-les en novembre.
- En cuve
- Tous les 3–4 ans, videz la cuve, divisez le rhizome et replantez un morceau dans une terre fraîche et calcaire.
Conseil : Plantez-la dans une grande cuve étanche enterrée au bord de votre étang : vous profiterez de son allure préhistorique sans qu’elle envahisse le jardin.
Taille et fauche
Mois de taille : novembre.
Quand : Pas vraiment nécessaire. Pour faire place nette, coupez en novembre les tiges mortes.
Comment :
- Coupez les tiges mortes juste au-dessus du sol, ou laissez-les comme abri pour les petits animaux.
- Pour freiner la plante, arrachez tout l’été les nouvelles tiges hors de la zone voulue : le rhizome s’affaiblit.
- Ne mettez pas de morceaux de rhizome sur un compost humide : ils peuvent repartir.
Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base
Multiplication
- Division du rhizome
- En avril–mai, prélevez à la bêche un morceau de rhizome avec quelques nœuds ou jeunes pousses et replantez-le aussitôt en sol humide. C’est la méthode la plus simple.
- Spores
- En mars–avril. Les spores vertes ne restent viables que peu de temps : semez-les aussitôt sur un sol humide et nu, sous verre. Difficile et lent.
Grande prêle : quelle résistance au froid ?
Rustique jusqu’à −25 °C.
- Les tiges vertes meurent en automne et se couchent ; la plante passe l’hiver sous forme de rhizome, profondément dans le sol.
- Totalement rustique, jusqu’à environ −25 °C.
- Les tiges couchées forment une litière abritée pour les petits animaux.
- En mars, les tiges fertiles pâles sortent les premières, avant les tiges vertes.
Maladies et ravageurs
- Envahissement : Le principal problème au jardin : les rhizomes courent loin et profond. Plantez en cuve ou derrière une barrière et retirez aussitôt les rejets.
- Sécheresse : En sol sec, elle reste petite et jaunit. Il lui faut vraiment un endroit humide.
- Nocive pour le bétail : Les prêles peuvent être nocives pour les animaux qui pâturent, surtout les chevaux, si elles se retrouvent en grande quantité dans le foin ou la prairie. Tenez-les à l’écart des prés de fauche et des pâtures.
- Confusion avec la prêle des champs : La prêle des champs est une adventice tenace au potager. Regardez les tiges : la grande prêle a des tiges épaisses et blanches, la prêle des champs des tiges fines et vertes.
Toute l’année
- Mars : Les tiges fertiles pâles et leurs épis sortent de terre.
- Avril : Les spores sont libérées. Puis apparaissent les tiges blanches. Planter ou diviser.
- Mai : Pleine croissance. Couper les rejets hors de la zone.
- Juin : Au plus beau. Garder le sol humide.
- Juillet : Arroser le bord de l’étang en cas de sécheresse. Arracher les tiges envahissantes.
- Août : Contrôler les rejets.
- Octobre : Les tiges se décolorent et se couchent.
- Novembre : Couper les tiges mortes ou les laisser comme abri.
- Décembre : Repos sous terre.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- Les prêles sont apparentées aux plantes de la taille d’un arbre qui formaient, il y a environ 300 millions d’années, les forêts houillères. Le charbon de Belgique s’est lui aussi formé à partir de ces forêts.
- Chaque spore porte quatre bras en forme de ruban qui se déroulent par temps sec et s’enroulent à l’humidité : ils aident les spores à s’envoler.
- Telmateia vient du grec telma, marais ou boue : elle aime avoir les pieds dans l’eau.