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Plante herbacée · Polygonacées (Polygonaceae)
Renouée du Japon
Reynoutria japonica
Dans d’autres langues : Japanse duizendknoop (Nederlands) · Japanese knotweed (English)
Pousse à l’état sauvage en Belgique.
La renouée du Japon est une grande plante vivace d’Asie orientale, aux tiges creuses semblables à du bambou, de 2–3 m de haut. Arrivée en Europe au 19e siècle comme plante ornementale, elle figure aujourd’hui sur la liste belge des espèces invasives et forme des massifs denses et impénétrables le long des rivières, des voies ferrées et des routes, sur les friches et dans les jardins. On la reconnaît à ses tiges tachetées de rouge, légèrement en zigzag, à ses grandes feuilles presque triangulaires à base tronquée et à ses grappes de petites fleurs blanc crème en fin d’été. Sous terre, un réseau de rhizomes s’étend sur plusieurs mètres, et un petit fragment suffit à former une nouvelle plante. Elle étouffe toute la flore indigène, abîme les berges et les revêtements et est très difficile à éliminer : ne la plantez jamais et ne la propagez pas.
Attention : Espèce exotique invasive inscrite sur la liste belge des espèces invasives. Ne la plantez pas, n’en donnez aucun morceau et ne déplacez pas de terre où elle pousse. Ne compostez rien de la plante : évacuez tiges et racines en sacs fermés avec les déchets résiduels ou selon les règles de votre commune.
Exposition
Soleil ou mi-ombre
de préférence un peu de soleil
Humidité
Normal à humide
ne doit pas se dessécher
Rusticité
Entièrement rustique
jusqu’à -30 °C
Encombrement
2,5 m
de haut, 3 m de large
Floraison
août–octobre
| Mois de taille | avril–octobre |
|---|---|
| Hauteur | 2,5 m |
| Indigène en Belgique | Non, une espèce exotique envahissante |
| Floraison | août–octobre |
Reconnaître
Comment la reconnaître
- Port
- Vivace, en massifs denses de 2–3 m de haut ; la partie aérienne meurt chaque hiver et repousse en avril.
- Tige
- Creuse, glabre, semblable à du bambou, avec des nœuds bien marqués ; verte tachetée de rouge à pourpre, légèrement en zigzag. Les jeunes pousses sont rouges et ressemblent à des asperges.
- Feuille
- Largement ovale à presque triangulaire, 10–15 cm, à base tronquée et courte pointe ; alternes sur la tige en zigzag.
- Fleur
- Petites fleurs blanc crème en grappes dressées à l’aisselle des feuilles, d’août à octobre.
- Racines
- Rhizomes épais et ligneux, jaune orangé à l’intérieur, qui s’étendent profondément et sur plusieurs mètres.
- Confusion possible
- La renouée de Sakhaline est encore plus grande, avec des feuilles de 30–40 cm à base en cœur. La renouée de Bohême, hybride des deux, est intermédiaire ; toutes trois sont invasives. Les renouées et patiences indigènes restent bien plus basses et n’ont pas de tiges creuses de bambou.
Floraison : août–octobre · Taille : avril–octobre
Dans votre jardin
Ce qu’il faut savoir
- C’est l’une des plantes invasives les plus nuisibles d’Europe : la reconnaître tôt vous épargne beaucoup de travail et de frais.
- Un petit massif jeune se traite encore bien ; un vieux massif demande des années d’efforts soutenus.
- Elle montre comment une plante ornementale admirée peut échapper à tout contrôle : au 19e siècle, on la vantait comme plante de jardin et fourrage.
- Ses fleurs offrent du nectar aux abeilles en fin d’été, mais cela ne compense pas les dégâts : des plantes indigènes comme l’eupatoire chanvrine font de même sans envahir.
- Sous son feuillage dense, presque rien ne pousse plus, et en hiver les berges restent nues et s’érodent.
Renouée du Japon : quelle exposition ?
- Dans la nature : berges de rivières et de canaux, talus de chemin de fer, bords de route, friches, lisières et jardins à l’abandon.
- Pousse sur presque tous les sols, du sec au mouillé, de préférence riche et frais, au soleil ou à mi-ombre.
- Se propage surtout par la terre déplacée, les déchets verts, les machines de fauche et les fragments emportés par les rivières.
- Au jardin, elle n’a sa place nulle part : ni en pot, ni en bac fermé, ni dans un coin sauvage.
À planter plutôt
- Eupatoire chanvrine : Alternative indigène pour une grande plante au bord de l’eau : ombelles roses en fin d’été, très appréciées des papillons.
- Reine-des-prés : Hautes panicules parfumées sur sol humide, sans envahir.
- Sureau noir : Arbuste indigène à croissance rapide qui recouvre vite une zone nue après la lutte.
- Noisetier : Arbuste indigène dense pour faire écran, avec des noisettes pour les écureuils et les mulots.
- Salicaire commune : Épis pourpres au bord des fossés et des berges, appréciés des abeilles.
Entretien
Comment l’éliminer
- Ne plantez jamais la renouée du Japon et n’en donnez aucun morceau : elle figure sur la liste belge des espèces invasives.
- Signalez un massif sur le domaine public à votre commune ; pour un grand massif au jardin, demandez conseil à votre commune ou à une entreprise spécialisée.
- Traitez tout de suite un petit massif jeune : déterrez la plante avec tous ses rhizomes, aussi profond et large que nécessaire, et fouillez la terre à la recherche de fragments.
- Pour un massif plus grand, fauchez ou coupez les tiges au ras du sol toutes les 2–3 semaines d’avril à octobre, plusieurs années de suite. Vous épuisez ainsi les rhizomes.
- Rassemblez toutes les tiges et racines dans des sacs fermés, ne laissez rien sur place et éliminez-les avec les déchets résiduels ou selon les règles de votre commune. Jamais au compost ni dans les déchets verts.
- Ne déplacez pas de terre d’un endroit où pousse la renouée, et nettoyez bêches, pneus et chaussures avant de partir.
Lutte
- Épuisement par la fauche
- Fauchez ou coupez toutes les tiges toutes les 2–3 semaines d’avril à octobre. Après quelques années, les pousses deviennent plus fines et plus basses ; n’arrêtez pas trop tôt.
- Arrachage
- Efficace pour les petits massifs jeunes. Retirez tous les rhizomes ; chaque fragment oublié peut repartir.
- Bâchage
- Fauchez le massif, couvrez-le d’une toile solide anti-racines qui déborde largement et laissez-la en place pendant des années. Contrôlez régulièrement bords et raccords.
- Suivi
- Après la lutte, semez ou plantez des espèces indigènes pour couvrir le sol. Surveillez l’endroit pendant des années.
- Déchets
- Tiges et racines en sacs fermés avec les déchets résiduels. Pas de broyage, pas de compostage, jamais de dépôt dans la nature.
Conseil : Ne bêchez et ne fraisez jamais dans un massif de renouée : chaque fragment de rhizome devient une nouvelle plante. Fauchez plutôt avec persévérance et évacuez tout avec les déchets résiduels.
Taille et fauche
Mois de taille : avril–octobre.
Quand : D’avril à octobre, toutes les 2–3 semaines : non pour entretenir la plante, mais pour l’épuiser.
Comment :
- Coupez ou fauchez les tiges le plus bas possible dès qu’elles atteignent 20–30 cm.
- Ramassez tous les morceaux : même un fragment de tige avec un nœud peut s’enraciner sur sol humide.
- N’utilisez ni gyrobroyeur ni broyeur : ils dispersent de petits fragments sur une grande surface.
- Nettoyez faucheuse, chaussures et pneus avant de quitter les lieux.
Attention : Une fauche occasionnelle ne sert à rien et provoque au contraire de nouvelles pousses : seule une fauche fréquente, poursuivie pendant des années, l’épuise.
Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base
Comment elle se propage
- Rhizomes
- La voie principale : un petit fragment de rhizome donne une nouvelle plante. Il voyage avec la terre déplacée, les engins de chantier et les déchets verts.
- Fragments de tige
- Les morceaux de tige frais avec un nœud s’enracinent sur sol humide ou dans l’eau ; le long des rivières, ils dérivent et s’installent en aval.
- Graines
- En Europe, les graines ne jouent presque aucun rôle : les plantes sont femelles et forment en grande partie un seul clone. Les hybrides avec la renouée de Sakhaline peuvent toutefois produire des graines fertiles.
Renouée du Japon : quelle résistance au froid ?
Rustique jusqu’à −30 °C.
- Après les premières gelées, la partie aérienne meurt ; les tiges creuses brun-rouge restent debout jusqu’au printemps.
- Les rhizomes résistent sans peine aux grands froids et repartent en avril.
- Sous les tiges mortes, le sol reste nu : sur les berges, il est emporté en hiver.
- Un bon moment pour cartographier l’étendue d’un massif et pour ramasser et évacuer les tiges mortes.
Maladies et ravageurs
- Étouffement : Son feuillage dense capte toute la lumière : les plantes indigènes et les animaux qui en vivent disparaissent.
- Dégâts aux revêtements : Rhizomes et pousses s’infiltrent dans les joints des pavés, des murs et de l’asphalte et élargissent les fissures. Traitez les pousses immédiatement.
- Érosion des berges : En hiver, les berges restent nues et s’érodent plus vite. Signalez les massifs le long des cours d’eau à votre commune ou au gestionnaire du cours d’eau.
- Repousse après arrachage : Des pousses réapparaissent pendant des années. Arrachez-les à chaque fois avec leur racine et continuez à surveiller.
- Terre contaminée : La terre apportée peut contenir des fragments de rhizome. Renseignez-vous sur l’origine de la terre et surveillez l’endroit les premières années.
Toute l’année
- Mars : Inspecter : les premiers bourgeons rouges apparaissent au pied des vieilles tiges.
- Avril : Les pousses rouges, comme des asperges, sortent. Commencer tout de suite à faucher ou arracher.
- Mai : Faucher toutes les 2–3 semaines. Tout évacuer avec les déchets résiduels.
- Juin : Continuer à faucher. Contrôler les bords de la bâche.
- Juillet : Continuer à faucher. Surveiller les nouvelles pousses hors du massif.
- Août : Début de la floraison. Continuer à faucher, même par forte chaleur.
- Septembre : Continuer à faucher. Noter la taille restante du massif.
- Octobre : Dernière fauche ; les parties aériennes meurent.
- Novembre : Ramasser et évacuer les tiges mortes.
- Décembre : Repos. Planifier la lutte de l’année suivante.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- Philipp Franz von Siebold l’a rapportée du Japon au 19e siècle dans sa pépinière de Leyde. En 1847, une société horticole d’Utrecht lui décernait encore une médaille d’or comme nouvelle plante ornementale la plus intéressante.
- En Europe, les plantes sont presque toutes femelles et génétiquement quasi identiques : l’espèce se répand ici comme un seul clone géant, sans graines.
- Au Japon, la plante s’appelle itadori et ses jeunes pousses se mangent comme légume. Là-bas, des insectes et des champignons la tiennent en échec.