
Photo : Algirdas at Lithuanian Wikipedia, CC BY-SA 3.0 · source
Fougère · Équisétacées (Equisetaceae)
Prêle des eaux
Equisetum fluviatile
Dans d’autres langues : Holpijp (Nederlands) · Water horsetail (English)
Pousse à l’état sauvage en Belgique.
La prêle des eaux est une prêle qui a les pieds dans l’eau : elle forme des peuplements denses de tiges vertes et droites dans la zone peu profonde des étangs, des fossés, des mares, des lacs et des rivières lentes. Sa tige est presque entièrement creuse : si vous la pincez, elle s’aplatit facilement. En Belgique, elle est disséminée et localement commune dans les marais, les mares en voie d’atterrissement et les dépressions humides, surtout sur des sols tourbeux ou sableux pas trop riches. On la reconnaît à ses tiges lisses et luisantes de 0,5–1,5 m, sans rameaux ou avec de courts verticilles de rameaux, et à l’épi sporifère obtus au sommet. Ses peuplements denses abritent poissons, grenouilles et insectes aquatiques, et les larves de libellules grimpent le long des tiges pour leur dernière mue.
Attention : Les prêles peuvent être nocives pour les animaux qui pâturent, surtout les chevaux, si elles se retrouvent en grande quantité dans le foin ou le fourrage. Ne prélevez jamais de plantes ni de rhizomes dans la nature.
Exposition
Soleil ou mi-ombre
de préférence un peu de soleil
Humidité
Humide à détrempé
ne doit pas se dessécher
Rusticité
Entièrement rustique
jusqu’à -30 °C
Encombrement
1 m
de haut, 1 m de large
| Mois de taille | mars |
|---|---|
| Hauteur | 1 m |
| Indigène en Belgique | Oui |
Reconnaître
Comment la reconnaître
- Port
- Plante vivace des marais, sans fleurs, aux tiges vertes et droites qui poussent en groupes à partir d’un rhizome rampant dans la vase ; elle se tient généralement dans 10–100 cm d’eau.
- Tige
- 50–150 cm de haut et jusqu’à 1 cm d’épaisseur, lisse, luisante et tendre ; la cavité centrale occupe presque toute la tige. Simple ou avec de courts verticilles irréguliers de rameaux vers le milieu.
- Feuille
- Les feuilles sont soudées en gaines vertes bien appliquées autour des nœuds, terminées par de nombreuses petites dents étroites et noires.
- Spores
- En juin–juillet, un épi sporifère obtus et ovoïde de 1–2 cm au sommet des tiges vertes ordinaires ; il n’y a pas de tiges fertiles séparées.
- Racines
- Rhizomes rampants brun rougeâtre et luisants dans la vase, qui lui permettent de former de grandes colonies.
- Confusion possible
- La prêle des marais est plus basse, avec des tiges plus fines et profondément sillonnées, une petite cavité centrale, des verticilles réguliers de rameaux et des gaines à dents moins nombreuses, bordées de blanc. La pesse commune pousse aussi dans l’eau, mais elle a de vraies feuilles étroites en verticilles et de minuscules fleurs.
Taille : mars
Dans votre jardin
Pourquoi dans votre jardin ?
- Une plante de structure pour la berge : ses tiges droites vert foncé dessinent une ligne nette et graphique au-dessus de l’eau.
- Les larves de libellules et de demoiselles grimpent le long des tiges pour sortir de l’eau et se métamorphoser ; en été, on y trouve souvent leurs exuvies.
- Ses peuplements denses servent d’abri et de frayère aux poissons, grenouilles, tritons et insectes aquatiques.
- Un fossile vivant : les prêles existent depuis des centaines de millions d’années et sont apparentées aux plantes arborescentes des forêts du Carbonifère.
- Ses rhizomes fixent la vase de la berge et elle puise des nutriments dans l’eau.
Prêle des eaux : quelle exposition ?
- À l’état sauvage : bords peu profonds des étangs, fossés, mares, lacs et ruisseaux lents, mares en voie d’atterrissement, marais et roselières humides.
- En eau peu profonde ou dans un sol détrempé qui reste toujours humide ; elle peut pousser jusqu’à environ 1 m de profondeur.
- Soleil à ombre légère ; à l’ombre dense, elle reste clairsemée.
- De préférence un fond vaseux, tourbeux ou sableux, pas trop riche en nutriments.
- Au jardin : la zone peu profonde d’un étang naturel ou d’une zone marécageuse, dans un panier, de préférence dans un étang de quelques mètres carrés au moins.
Belle association avec
- Populage des marais : Des fleurs jaune d’or en avril au bord de l’étang, avant que la prêle ne soit haute.
- Trèfle d’eau : Des fleurs blanches frangées en mai, dans la même zone peu profonde.
- Iris des marais : De larges feuilles et des fleurs jaunes en mai–juin, en contraste avec les tiges fines.
- Morène : De petites rosettes flottantes à fleurs blanches sur l’eau libre voisine.
Entretien
Prêle des eaux : quand et comment planter ?
- Achetez une plante chez un pépiniériste spécialisé en plantes aquatiques et indigènes ; ne prélevez jamais de plantes ni de rhizomes dans la nature.
- Plantez en avril–juin, quand l’eau se réchauffe et que la plante est en pleine croissance.
- Placez le rhizome dans un panier rempli de terre d’étang lourde et pauvre ou d’argile, sans terreau ni engrais, et couvrez d’une fine couche de gravier.
- Immergez d’abord le panier à 10–30 cm sous l’eau ; plus tard, il peut descendre plus profond, jusqu’à environ 50 cm.
- Comptez 3–5 plantes par mètre carré dans une zone marécageuse, ou un panier par mètre de berge.
- Dans un petit étang, gardez-la dans son panier, sinon elle colonise tout le fond.
Entretien
- Arrosage
- Elle ne doit jamais se retrouver au sec. Si le niveau baisse en été, complétez avec de l’eau de pluie.
- Fertilisation
- Inutile, voire nuisible : un surplus de nutriments favorise les algues dans votre étang.
- Envahissement
- Sur un fond d’étang nu, elle s’étend par ses rhizomes. En été, arrachez ou coupez les rejets qui dépassent l’endroit voulu.
- Éclaircissage
- Tous les 2–3 ans, en septembre–octobre, retirez une partie des tiges et des rhizomes pour garder de l’eau libre.
- Vieilles tiges
- Laissez-les en hiver comme abri et coupez-les en mars au-dessus du niveau de l’eau.
Conseil : Placez la prêle des eaux dans un panier, dans la zone peu profonde du côté ensoleillé de votre étang : les larves de libellules utilisent ses tiges droites comme échelle pour sortir de l’eau, et elle reste sagement à sa place.
Taille et fauche
Mois de taille : mars.
Quand : En mars, avant l’apparition des nouvelles tiges. L’éclaircissage se fait en septembre–octobre.
Comment :
- Coupez les vieilles tiges brunes juste au-dessus de l’eau ou du sol.
- Laissez-les en place en hiver : les tiges et les touffes denses abritent les petits animaux.
- Retirez les déchets de coupe de l’eau, pour qu’ils ne pourrissent pas et n’enrichissent pas l’étang.
- Pour la freiner, arrachez en été les tiges et les rhizomes qui dépassent l’endroit voulu.
Attention : Laissez les tiges et rhizomes retirés une journée sur la berge, pour que les petits animaux aquatiques puissent regagner l’étang.
Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base
Multiplication
- Division du rhizome
- En avril–juin, coupez un morceau de rhizome portant quelques jeunes tiges et placez-le aussitôt dans un panier sous l’eau. C’est la méthode la plus facile.
- Spores
- En juin–juillet. Les spores vertes ne restent viables que peu de temps : semez-les aussitôt sur de la vase humide. Difficile ; la division est bien plus simple.
Prêle des eaux : quelle résistance au froid ?
Rustique jusqu’à −30 °C.
- En automne, les tiges se décolorent et meurent en grande partie ; le rhizome hiverne dans la vase sous l’eau.
- Parfaitement rustique, jusqu’à environ −30 °C : même si l’étang gèle, le rhizome survit.
- Les tiges brunes restées debout abritent les petits animaux de la berge.
- En avril–mai, les nouvelles tiges vertes réapparaissent.
Maladies et ravageurs
- Envahissement : Dans un petit étang, elle occupe tout le fond. Plantez-la en panier et éclaircissez tous les deux ou trois ans.
- Assèchement : Si la berge reste longtemps à sec, les tiges brunissent. Complétez avec de l’eau de pluie.
- Algues filamenteuses : Des algues filamenteuses entre les tiges indiquent un excès de nutriments dans l’eau. Ne fertilisez pas et enroulez les algues autour d’un bâton pour les retirer.
- Nocif pour le bétail : Les prêles peuvent être nocives pour les animaux qui pâturent, surtout les chevaux, si elles se retrouvent en grande quantité dans le foin ou le fourrage. N’utilisez pas les déchets de fauche comme fourrage.
Toute l’année
- Mars : Couper les vieilles tiges au-dessus du niveau de l’eau.
- Avril : Les nouvelles tiges sortent. Planter ou diviser.
- Mai : Planter en panier. Les larves de libellules sortent de l’eau.
- Juin : Épis sporifères au sommet des tiges. Surveiller les rejets.
- Juillet : Spores. Surveiller le niveau de l’eau et compléter avec de l’eau de pluie.
- Août : Chercher les exuvies de libellules sur les tiges.
- Septembre : Éclaircir si nécessaire ; laisser les déchets une journée sur la berge.
- Octobre : Les tiges se décolorent.
- Décembre : Repos. Laisser les tiges brunes debout comme abri.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- Equisetum vient du latin equus (cheval) et seta (soie, crin) : les tiges ramifiées évoquaient une queue de cheval. Fluviatile signifie « des rivières ».
- La cavité de la tige occupe environ les quatre cinquièmes du diamètre, plus que chez toute autre prêle européenne. D’où son nom néerlandais holpijp, « tuyau creux ».
- La prêle des eaux s’hybride dans la nature avec la prêle des champs. Cet hybride, Equisetum × litorale, ne forme pas de spores viables, mais se maintient pendant des années sur les berges grâce à ses rhizomes.