
Photo : J.F. Gaffard, Autoreille, France, CC BY-SA 3.0 · source
Plante aquatique ou de berge · Acoraceae
Acore odorant
Acorus calamus
Dans d’autres langues : Kalmoes (Nederlands) · Sweet flag (English)
L’acore odorant est une plante de berge robuste aux feuilles en lame d’épée, vert frais, hautes de 1 m, qui rappellent au premier regard celles de l’iris des marais. Originaire d’Asie, il a été introduit en Europe occidentale au XVIe siècle et s’est depuis naturalisé le long des fossés, canaux et étangs de Belgique. Froissez une feuille et vous sentirez un parfum frais et épicé de mandarine et de cannelle. Il fleurit rarement et discrètement, en un spadice verdâtre, et ne produit pas de graines chez nous. Les jardiniers le plantent pour son feuillage parfumé et sa silhouette dressée en zone marécageuse ou en eau peu profonde ; la forme panachée ‘Variegatus’ a des feuilles rayées de blanc crème.
Attention : Toutes les parties, surtout le rhizome, sont toxiques en cas d’ingestion. Ne le plantez pas à portée de jeunes enfants, chiens, chats ou animaux de pâture comme les chevaux et les moutons, n’en mangez jamais et ne l’utilisez pas comme aromate. Il s’étend aussi fortement : gardez-le en panier et ne le mettez jamais dans des eaux naturelles.
Exposition
Soleil ou mi-ombre
de préférence un peu de soleil
Humidité
Humide à détrempé
ne doit pas se dessécher
Base juridique
Limon, argile ou tourbe
tout pH
Rusticité
Entièrement rustique
jusqu’à -30 °C
Encombrement
1 m
de haut, 0,6 m de large
| Mois de taille | mars et octobre |
|---|---|
| Hauteur | 1 m |
| Indigène en Belgique | Non, planté |
| Toxique pour l’homme et les animaux | Oui, attention aux enfants et aux animaux |
Reconnaître
Acore odorant : quels signes distinctifs ?
- Port
- Éventails dressés de feuilles en lame d’épée jusqu’à 1 m de haut, issus d’un rhizome rampant.
- Feuilles
- Étroites et ensiformes, jusqu’à 2 cm de large, vert frais, avec une nervure centrale marquée et un bord par endroits ondulé.
- Parfum
- Froissés, la feuille et le rhizome dégagent une odeur épicée de mandarine et de cannelle.
- Fleur
- Rare et discrète : un spadice jaune verdâtre qui sort en biais d’une tige semblable à une feuille. Chez nous, il ne forme pas de graines.
- Racines
- Un rhizome épais, charnu et rampant, qui s’étend dans la vase.
Plantes : avril–juin · Taille : mars et octobre
Dans votre jardin
Pourquoi dans votre jardin ?
- Ses feuilles dressées et nettes structurent le bord du bassin, du printemps à l’automne.
- La feuille froissée sent la mandarine et la cannelle.
- Pousse aussi bien en zone marécageuse qu’en eau peu profonde, jusqu’à 20 cm.
- Robuste et tout à fait rustique, même dans une eau riche.
- Son feuillage dense abrite les grenouilles, et les larves de libellules y grimpent pour leur dernière mue.
- La forme panachée éclaire un coin sombre du bassin.
Acore odorant : quelle exposition ?
- Soleil ou mi-ombre ; c’est en plein soleil qu’il est le plus touffu.
- Zone marécageuse ou eau peu profonde : 0–20 cm d’eau au-dessus du panier.
- Limon, argile ou tourbe ; acide, neutre ou calcaire : il n’est pas difficile.
- Comptez 40–60 cm par plante, et dans un petit bassin un panier aquatique par plante.
- Exposition
- Soleil et mi-ombre
- Type de sol
- Limon, argile ou tourbe
- Acidité
- Peu exigeant
- Humidité
- Humide
- Encombrement
- 1 m de haut, 0,6 m de large
- Rusticité
- Rustique (jusqu’à -30 °C)
Belle association avec
- Iris des marais : Des fleurs jaunes en mai–juin, avec un feuillage de même forme.
- Butome en ombelle : Des ombelles roses en été, dans la même eau peu profonde.
- Populage des marais : Des fleurs jaunes au printemps au pied, en zone marécageuse.
- Myosotis des marais : De petites fleurs bleu clair qui se faufilent entre les feuilles raides.
- Plantain d’eau : Des panicules blanches et légères à côté du feuillage dressé.
Entretien
Acore odorant : quand et comment planter ?
Planter en avril–juin.
- Plantez d’avril à juin, quand l’eau se réchauffe.
- Utilisez un panier aquatique d’au moins 20–30 cm de large, rempli de terre de bassin lourde et pauvre ou de terre de jardin argileuse, sans engrais ni compost.
- Posez le rhizome à l’horizontale juste sous la terre, l’éventail de feuilles au-dessus, et tassez bien.
- Couvrez d’une couche de gravier pour que la terre ne s’échappe pas et que les poissons ne fouillent pas.
- Descendez le panier à 0–20 cm sous la surface ; placez les jeunes plantes d’abord un peu moins profond.
- Gardez 40–60 cm entre les plantes.
Entretien
- Arrosage
- Ne doit jamais se retrouver au sec. En été sec, complétez le bassin avec de l’eau de pluie.
- Engrais
- Inutile : l’engrais dans le bassin favorise les algues.
- Extension
- Vérifiez chaque printemps si le rhizome déborde du panier et coupez ces morceaux.
- Rempotage
- Tous les 3–4 ans, sortez-le du panier, divisez-le et replantez-le dans de la terre de bassin neuve.
- Feuilles mortes
- Retirez les feuilles jaunies de l’eau en automne, pour qu’elles n’y pourrissent pas.
Conseil : Plantez-le toujours dans un solide panier aquatique, à 0–20 cm de profondeur : son gros rhizome reste ainsi sous contrôle et se divise facilement.
Acore odorant : quand tailler ?
Mois de taille : mars et octobre.
Quand : En octobre, coupez les feuilles mortes au-dessus de l’eau ; en mars, le reste des vieilles feuilles, avant l’apparition des nouvelles pousses.
Comment :
- Coupez les feuilles jaunes et brunes à quelques centimètres au-dessus de la surface.
- En automne, laissez une partie du feuillage comme abri pour les insectes et nettoyez-le en mars.
- Retirez toujours les feuilles coupées du bassin.
Attention : Portez des gants si vous manipulez beaucoup le rhizome et lavez-vous ensuite les mains : il est toxique.
Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base
Multiplication
- Division
- En avril–mai, coupez le rhizome en morceaux de 5–10 cm portant chacun un bourgeon et quelques feuilles, et plantez chaque morceau dans son propre panier aquatique.
- Graines
- Chez nous, l’acore ne forme pas de graines fertiles : on le multiplie uniquement par division.
Acore odorant : quelle résistance au froid ?
Rustique jusqu’à −30 °C.
- Tout à fait rustique, jusqu’à environ −30 °C : aucune protection nécessaire.
- Le rhizome passe l’hiver dans la vase ; le feuillage disparaît en grande partie.
- Un panier en eau peu profonde peut geler sans problème : le rhizome y survit.
Maladies et ravageurs
- Envahissement : Le rhizome déborde du panier et s’enracine dans le fond. Coupez les stolons chaque printemps.
- Pucerons : En été, des pucerons peuvent coloniser les jeunes feuilles. Délogez-les d’un jet d’eau du bassin ; grenouilles, poissons et insectes font le reste.
- Pointes brunes : Apparaissent naturellement en fin d’été et après le gel. Coupez-les : ce n’est pas une maladie.
- Retour au vert : Chez la forme panachée, des pousses entièrement vertes et plus vigoureuses peuvent apparaître. Coupez-les pour garder la panachure.
Toute l’année
- Mars : Couper les vieilles feuilles au-dessus de l’eau.
- Avril : Planter ou diviser. Couper les stolons hors du panier.
- Mai : Planter. Les nouvelles feuilles poussent vite.
- Juin : Planter. Surveiller les pucerons.
- Juillet : Compléter l’eau en cas de sécheresse.
- Août : Compléter l’eau en cas de sécheresse.
- Octobre : Couper les feuilles mortes au-dessus de l’eau et les retirer du bassin.
- Décembre : Repos.
Utiliser
Comestible et utile
Pas comestible. Le rhizome de l’acore odorant était autrefois confit et servait à parfumer des amers et des liqueurs, mais il contient de la bêta-asarone, qui a provoqué des cancers chez l’animal de laboratoire : ne l’utilisez ni comme aromate, ni en tisane, ni en liqueur. Il pousse souvent à côté de l’iris des marais, toxique lui aussi, dont les feuilles sont presque identiques en dehors de la floraison ; on reconnaît l’acore à l’odeur épicée d’une feuille froissée et à son bord ondulé. Tenez les enfants, les chiens, les chats et les herbivores à l’écart de la berge et portez des gants pour diviser le rhizome. En cas d’ingestion, appelez aussitôt le Centre Antipoisons (070 245 245 en Belgique) ou votre médecin.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- L’acore est arrivé en Europe occidentale au XVIe siècle par la Turquie. Comme il ne forme pas de graines chez nous, il s’est répandu uniquement par des fragments de rhizome le long des rivières et des canaux.
- Autrefois, on jonchait le sol des églises et des maisons de ses feuilles parfumées et l’on utilisait le rhizome comme aromate ; à cause de ses substances toxiques, c’est aujourd’hui déconseillé.
- L’acore n’appartient ni aux iris ni aux arums : il a sa propre famille, l’une des plus anciennes branches des monocotylédones.