
Photo : AnRo0002, CC0 · source
Plante herbacée · Fabacées (Fabaceae)
Mélilot blanc
Melilotus albus
Dans d’autres langues : Witte honingklaver (Nederlands) · White melilot (English)
Pousse à l’état sauvage en Belgique.
Le mélilot blanc est une grande Fabacée bisannuelle et aérienne, aux feuilles trifoliées et aux longues grappes élancées de petites fleurs blanches au doux parfum de miel. Il pousse dans les endroits ensoleillés, ouverts et souvent perturbés : accotements, gares de triage, zones portuaires, carrières, digues, chantiers et friches, souvent sur sol calcaire, sableux ou caillouteux. En Belgique, il est assez commun, surtout dans et autour des villes et des zones industrielles. La première année, il forme une plante feuillue à racine pivotante profonde ; la deuxième année, il monte à 1–2 m, fleurit de juin à septembre puis meurt. C’est l’une des meilleures plantes mellifères de notre flore, et séché, il sent le foin grâce à la coumarine.
Attention : Le mélilot blanc contient de la coumarine. Du foin ou de l’ensilage moisi contenant du mélilot peut provoquer de graves hémorragies chez le bétail et les chevaux : ne l’utilisez jamais comme fourrage. Ne laissez pas les enfants ni les animaux de compagnie en manger.
Exposition
Plein soleil
chaud et lumineux
Humidité
Sec à normal
pas les pieds dans l’eau
Rusticité
Entièrement rustique
jusqu’à -30 °C
Encombrement
1,5 m
de haut, 0,6 m de large
Floraison
juin–septembre
| Mois de taille | mars et septembre |
|---|---|
| Hauteur | 1,5 m |
| Indigène en Belgique | Oui |
| Floraison | juin–septembre |
Reconnaître
Comment la reconnaître
- Port
- Plante bisannuelle : la première année une plante basse et feuillue, la deuxième année des tiges dressées très ramifiées de 1–2 m.
- Feuille
- Trifoliée, comme chez le trèfle ; les folioles sont oblongues, de 1–3 cm, à bord finement denté.
- Fleur
- Petites fleurs papilionacées blanches de 4–5 mm en longues grappes élancées de 4–12 cm, à l’aisselle des feuilles. Parfum sucré. De juin à septembre.
- Fruit/Graine
- Petites gousses glabres de 3–5 mm à nervures en réseau, brunes à gris-noir à maturité, contenant 1–2 graines.
- Racines
- Une racine pivotante profonde à nodosités, où des bactéries fixent l’azote.
- Confusion possible
- Le mélilot officinal et le mélilot élevé ont des fleurs jaunes. Le trèfle blanc a aussi des fleurs blanches, mais il reste bas, rampe et a des capitules ronds. La luzerne a des fleurs pourpres et des gousses enroulées. Le mélilot blanc est le seul grand mélilot à fleurs blanches.
Floraison : juin–septembre · Taille : mars et septembre
Dans votre jardin
Pourquoi dans votre jardin ?
- Une plante mellifère de premier ordre : abeilles domestiques, bourdons, nombreuses abeilles sauvages, guêpes et syrphes visitent ses fleurs tout l’été.
- Fleurit longtemps, de juin à septembre, avec des centaines de fleurs par plante.
- Comme Fabacée, il fixe l’azote de l’air : un vrai pionnier des sols nus, pauvres ou perturbés.
- Les hautes tiges sèches restent debout l’hiver et abritent de petits insectes.
- Séché, il sent le foin grâce à la coumarine ; autrefois, on glissait du mélilot dans le linge.
Mélilot blanc : quelle exposition ?
- À l’état sauvage sur les terrains ferroviaires et portuaires, dans les carrières, sur les accotements, les digues, les chantiers et les friches caillouteuses.
- Plein soleil ; à l’ombre, il reste mou et fleurit peu.
- Sol sec à moyennement frais, bien drainé, souvent calcaire, sableux ou caillouteux ; pauvre à moyennement riche.
- Au jardin : à l’arrière d’une prairie fleurie ensoleillée, dans une friche fleurie, sur un talus, un endroit caillouteux ou dans un jardin pour les abeilles.
Belle association avec
- Mélilot officinal : Fleurit en même temps, en jaune ; ensemble, ils attirent encore plus d’abeilles.
- Vipérine commune : Des fleurs bleues à côté des grappes blanches, sur sol sec et caillouteux.
- Origan : Lui aussi excellent pour les abeilles, sur le même sol sec et calcaire.
- Chicorée sauvage : Des fleurs bleu ciel dans la même friche ensoleillée.
- Eupatoire chanvrine : De hauts corymbes roses pour un repas tardif des abeilles, sur des sols un peu plus frais.
Entretien
Mélilot blanc : quand et comment planter ?
- Achetez des graines d’origine indigène chez un pépiniériste ou un grainetier spécialisé en plantes sauvages.
- Semez en avril–juin ou en septembre, clair et peu profond, sur une terre meuble et dégagée, en plein soleil.
- La graine a une enveloppe dure. Si vous semez en automne, l’hiver l’attendrit ; au printemps, il est utile de la frotter légèrement au préalable.
- Éclaircissez ou plantez à 40–60 cm. La première année, vous ne verrez que des feuilles ; la floraison suit la deuxième année.
- Semez deux années de suite, vous aurez ainsi chaque année des plantes en fleurs.
- Ne déterrez jamais de plantes dans la nature : à cause de leur racine pivotante profonde, elles supportent mal la transplantation.
Entretien
- Arrosage
- Seulement au semis et pour les jeunes plantes. Ensuite, il se débrouille même en été sec, grâce à sa racine profonde.
- Fertilisation
- À éviter : il tire lui-même l’azote de l’air, et en sol riche, il devient mou et se couche.
- Fauche
- Dans une prairie fleurie, fauchez en septembre, après la mise à graines, et exportez le foin.
- Envahissement
- Sur sol nu, il peut se ressemer abondamment. Désherbez les plantules en trop quand elles sont jeunes, avant que la racine pivotante ne s’enfonce.
- Laisser grainer
- Laissez une partie des tiges grainer : en tant que bisannuel, il ne se maintient que par ses graines.
Conseil : Semez le mélilot blanc sur un endroit caillouteux et ensoleillé où peu de choses poussent, par exemple un talus ou une vieille allée : il y tient mieux debout qu’en sol riche et y fleurit le plus abondamment.
Taille et fauche
Mois de taille : mars et septembre.
Quand : En mars, supprimez les vieilles tiges ; en septembre, fauchez éventuellement ou coupez les grappes défleuries.
Comment :
- Après la floraison, laissez une partie des graines mûrir et tomber.
- Si vous voulez moins de semis, coupez en septembre une partie des grappes défleuries avant leur maturité.
- Laissez les tiges mortes jusqu’en mars : de petits insectes y hivernent.
- En mars, coupez ou fauchez les vieilles tiges juste au-dessus du sol.
Attention : Après la floraison de la deuxième année, la plante meurt : c’est normal, ce n’est pas une maladie.
Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base
Multiplication
- Semis
- En août–septembre, égrenez les gousses mûres, faites-les sécher et semez en automne ou au printemps suivant. Les graines restent capables de germer de nombreuses années dans le sol.
- Ressemis spontané
- Laissez la plante se ressemer ; les plantules apparaissent autour de l’ancienne plante.
Mélilot blanc : quelle résistance au froid ?
Rustique jusqu’à −30 °C.
- Les plantes de première année passent l’hiver avec une grosse racine et des bourgeons à la base ; au printemps, elles montent.
- Les plantes de deuxième année meurent après la floraison ; les tiges sèches restent debout et offrent un abri.
- Parfaitement rustique, jusqu’à −30 °C ; les graines survivent des années dans le sol.
Maladies et ravageurs
- Verse : En sol trop riche ou à l’ombre, les hautes tiges deviennent molles. Choisissez un endroit pauvre et ensoleillé, parmi d’autres plantes de friche.
- Disparition après deux ans : Normal pour une bisannuelle. Laissez grainer ou ressemez.
- Trop de semis : Il peut se ressemer fortement sur sol nu. Désherbez les plantules indésirables tant qu’elles sont jeunes.
- Sitones : De petits charançons découpent des encoches en demi-lune dans le bord des feuilles. Sans danger pour la plante ; laissez-les tranquilles.
Toute l’année
- Mars : Couper les vieilles tiges. Les plantes de deuxième année démarrent.
- Avril : Semer sur sol dégagé, au soleil.
- Mai : Éclaircir les plantules à 40–60 cm.
- Juin : Premières grappes blanches chez les plantes de deuxième année.
- Juillet : Pleine floraison. Abeilles, guêpes et syrphes sur les grappes.
- Août : Floraison. Premières gousses mûres. Récolter les graines.
- Septembre : Dernières fleurs. Faucher la prairie fleurie. On peut semer.
- Décembre : Repos ; les plantes de première année hivernent avec des bourgeons à la base.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- En Amérique du Nord, le mélilot blanc a été semé à grande échelle comme plante mellifère et engrais vert. Il y est aujourd’hui une espèce envahissante des prairies.
- Vers 1920, en Amérique du Nord, des bovins sont morts d’hémorragies après avoir mangé du foin de mélilot moisi. Les recherches sur cette maladie ont mené à la découverte du dicoumarol, puis de la warfarine.
- Le nom Melilotus vient du grec meli, « miel », et lotos, un nom de plantes fourragères proches du trèfle ; albus signifie « blanc ».