
Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 · source
Feuillu · Rosacées (Rosaceae)
Cerisier tardif
Prunus serotina · aussi : Cerisier noir
Le cerisier tardif vient d’Amérique du Nord et a été planté à grande échelle au 20e siècle dans les pinèdes sur sol sableux, pour améliorer le sol et comme coupe-feu. Ce fut une erreur : les oiseaux le dispersent partout, il forme une strate arbustive dense et évince ainsi les plantes forestières indigènes. Aux Pays-Bas, on l’a surnommé « peste des bois ». Vous le reconnaissez à sa feuille luisante et coriace, avec des poils roux le long de la nervure médiane au revers, et à son écorce qui sent l’amande amère. Ne le plantez pas. Cette fiche vous aide à le reconnaître, à le contenir et à l’éliminer, et propose des alternatives indigènes.
Attention : Les noyaux, les feuilles et l’écorce sont toxiques : ils libèrent de l’acide cyanhydrique. Ne laissez pas les enfants manger les petites cerises ni croquer les noyaux. Les feuilles fanées, après une taille ou une tempête, sont dangereuses pour les chevaux, les bovins, les moutons et les chèvres. Et ne le plantez pas : c’est une exotique envahissante.
Exposition
Soleil ou mi-ombre
de préférence un peu de soleil
Humidité
Normal
pas les pieds dans l’eau
Base juridique
Sol acide
acide
Rusticité
Dans toute la Belgique
pas de protection nécessaire
Encombrement
10–20 m, souvent buissonnant
de haut
Floraison
mai–juin
| Hauteur | 10–20 m, souvent buissonnant |
|---|---|
| Indigène en Belgique | Non, naturalisé |
| Bon pour les abeilles, papillons et oiseaux | Oui, pour les abeilles |
| Toxique pour l’homme et les animaux | Oui, attention aux enfants et aux animaux |
| Floraison | mai–juin |
Reconnaître
Cerisier tardif : quels signes distinctifs ?
- Port
- Arbre de 10 à 20 m, mais souvent un large arbuste à plusieurs troncs ; forme en forêt une strate arbustive dense.
- Feuilles
- Alternes, elliptiques, 5–12 cm, coriaces et vert foncé luisant, finement dentées, à dents recourbées vers l’intérieur. Revers velu roux le long de la nervure médiane.
- Écorce
- Sombre, avec des lenticelles horizontales ; sent l’amande amère.
- Fleurs
- Grappes de petites fleurs blanches en mai–juin.
- Fruits
- Petites cerises noires à la fin de l’été, mangées et dispersées par les oiseaux.
- Différence avec le cerisier à grappes
- Le cerisier à grappes indigène a une feuille terne et mince, sans poils bruns, et fleurit plus tôt, en longues grappes pendantes.
Floraison : mai–juin
Reconnaître par caractère : Baies noires
Ressemble à, mais ce n’en est pas
- Cerisier à grappes Prunus padus : feuille terne et mince, sans poils bruns ; fleurit plus tôt, en longues grappes pendantes. Cerisier à grappes : la différence
Dans votre jardin
Pourquoi dans votre jardin ?
- Pourquoi ne pas le planter : c’est une exotique envahissante qui colonise des forêts entières, surtout sur les sols sablonneux.
- Les oiseaux dispersent les noyaux : en le laissant dans votre jardin, vous le semez dans les bois des environs.
- Les noyaux, les feuilles et l’écorce sont toxiques pour l’homme et l’animal.
- Reconnaissez-le tôt : un semis s’arrache encore facilement, un grand arbuste est bien plus difficile à éliminer.
Cerisier tardif : quelle exposition ?
- Pousse au soleil et à la mi-ombre ; les semis survivent des années à l’ombre et s’élancent dès que la lumière arrive.
- Surtout sur sable acide : dans les pinèdes et les chênaies, les lisières, les haies et les jardins.
- De là, il se propage par les oiseaux vers chaque trouée des environs.
- Exposition
- Soleil ou mi-ombre
- Base juridique
- Sol acide
- Humidité
- Normal
- Encombrement
- 15 m de haut, 8 m de large
- Rusticité
- Dans toute la Belgique, pas de protection nécessaire
Belle association avec
- Cerisier à grappes : L’alternative indigène pour sol humide : de longues grappes pendantes et parfumées en avril–mai, et de petites cerises pour les oiseaux.
- Merisier : Un cerisier indigène aux fleurs blanches et aux cerises pour les oiseaux, pour un grand jardin ou une lisière.
- Sorbier des oiseleurs : Un arbre indigène pour sable acide, aux baies rouge orangé pour les grives.
- Bourdaine : Un arbuste indigène des sols sableux, aux baies pour les oiseaux ; plante hôte du citron.
Bons et mauvais voisins
Va bien avec
- Supportent l’ombre sous cet arbre : mahonia, rhododendron, chalef, skimmia du japon, troène de californie, camélia du japon, laurier-tin, chèvrefeuille arbustif
Entretien
Cerisier tardif : quand et comment planter ?
- Ne le plantez pas, ni en haie ni en brise-vent, et ne laissez pas les semis dans votre jardin.
- Vous cherchez un cerisier indigène ? Choisissez le cerisier à grappes pour un sol humide, ou le merisier pour un grand jardin.
- Pour des baies pour les oiseaux en sol sableux : le sorbier des oiseleurs ou la bourdaine. Pour un arbre en sol acide : le bouleau verruqueux ou le chêne pédonculé.
- Arrachez les semis dès que vous les voyez, avec leurs racines, de préférence après la pluie quand le sol est meuble.
Entretien
- Semis
- Arrachez-les avec toute la racine ; les racines cassées repoussent.
- Jeunes arbustes
- Soulevez-les du sol à la fourche-bêche, avec le plus de racines possible.
- Grands arbustes et arbres
- Abattez-les et déterrez ou rognez la souche. Si la souche reste, coupez les nouvelles pousses plusieurs fois par an, des années de suite, jusqu’à épuiser les racines.
- Suivi
- Revenez les années suivantes : les noyaux dans le sol et les oiseaux font encore longtemps apparaître de nouveaux semis.
Conseil : Vous hésitez entre le cerisier tardif et le cerisier à grappes indigène ? Retournez une feuille : des poils roux le long de la nervure médiane et un dessus luisant et coriace désignent le cerisier tardif.
Cerisier tardif : quand tailler ?
Quand : Ne pas tailler mais éliminer, de préférence avant la formation des fruits.
Comment :
- Arrachez les semis et les jeunes arbustes avec leurs racines.
- Abattre sans enlever la souche provoque de vigoureux rejets : déterrez ou rognez la souche, ou coupez les rejets encore et encore pendant des années.
Attention : Ne laissez pas les branches coupées dans une prairie : les feuilles fanées sont toxiques pour les chevaux et le bétail. Évacuez les branches portant des cerises au lieu de les composter.
Multiplication
- Ne pas multiplier
- Ne le multipliez pas et ne donnez ni plants ni semis : vous aideriez justement sa propagation.
- Comment il se propage
- Les oiseaux mangent les petites cerises noires et laissent tomber les noyaux loin de l’arbre. Après abattage, il rejette en outre vigoureusement de souche.
Cerisier tardif : quelle résistance au froid ?
Rustique dans toute la Belgique : aucune protection nécessaire.
- Entièrement rustique.
- L’hiver, quand le sol est humide et meuble, est un bon moment pour arracher les arbustes et déterrer les souches.
Maladies et ravageurs
- Rejets après abattage : Un arbuste abattu repart avec de nombreuses nouvelles pousses. Déterrez ou rognez la souche, ou coupez les rejets pendant des années.
- Semis au jardin et en forêt : Les oiseaux le sèment partout. Inspectez chaque printemps votre jardin et vos haies, et arrachez les semis.
- Concurrence : Sous une strate dense de cerisier tardif, les arbres indigènes ne germent plus et les fleurs des bois disparaissent. Agissez avant qu’il ne forme une telle strate.
- Confusion avec le cerisier à grappes : Le cerisier à grappes indigène est une espèce précieuse : regardez les poils bruns le long de la nervure médiane et la feuille luisante avant d’éliminer quoi que ce soit.
Toute l’année
- Janvier : Déterrer les grands arbustes, ou les abattre et retirer la souche, hors gel.
- Mars : Arracher les semis quand le sol est humide.
- Mai : Floraison en grappes blanches : éliminer les arbustes en fleurs avant qu’ils ne fructifient.
- Juin : Couper les rejets des arbustes abattus.
- Juillet : Dernière occasion d’éliminer les arbustes avant que les cerises ne soient mûres.
- Août : Les cerises mûrissent : évacuer les branches avec des fruits, pas sur le tas de compost.
- Septembre : Couper à nouveau les rejets ; arracher les semis.
- Novembre : Planter des alternatives indigènes, comme le cerisier à grappes ou le sorbier des oiseleurs.
Utiliser
Que peut-on en faire ?
- Pour la nature
- Des fleurs pour les insectes, mais il évince la flore forestière indigène.
Attention : Les noyaux, les feuilles et l’écorce sont toxiques. Mieux vaut l’éliminer que le laisser se ressemer.
Bon pour la faune
- Abeilles
- Nectar et pollen pour les abeilles domestiques et sauvages.
Vous et cette espèce
Le saviez-vous ?
- Exotique envahissante qui colonise des forêts entières, surtout sur les sols sablonneux.
- Aux Pays-Bas, les forestiers le surnomment « peste des bois », alors qu’on l’y avait justement planté au 20e siècle pour améliorer les pinèdes.
- Dans son aire d’origine, l’est de l’Amérique du Nord, il devient un grand arbre au bois précieux ; chez nous, il reste souvent un arbuste.
- Au 20e siècle, les forestiers l’ont planté en masse dans les pinèdes, pour améliorer le sol et freiner les incendies. Ce n’est que plus tard qu’on a compris à quel point il est envahissant.
- Dans son Amérique du Nord natale, c’est un arbre forestier apprécié : le bois brun-rouge du cerisier américain y est très recherché en ébénisterie.
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