Aubépine monogyne (Crataegus monogyna)

Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0 · source

Feuillu · Rosacées (Rosaceae)

Aubépine monogyne

Crataegus monogyna · aussi : Aubépine, Épine blanche

L’aubépine monogyne est l’un de nos arbustes indigènes les plus répandus : en haie, dans les haies champêtres et en petit arbre de 4 à 10 m. En mai, elle se couvre de corymbes de fleurs blanches très parfumées, et en automne elle porte des petites baies rouges à un seul noyau. Avec ses petites feuilles profondément découpées et ses épines acérées, elle forme une haie impénétrable, autrefois la clôture classique pour le bétail. Pour la nature, c’est une plante de premier choix : des fleurs pour les insectes, des baies pour les oiseaux et un site de nidification sûr entre les épines.

  • Exposition

    Soleil ou mi-ombre

    de préférence un peu de soleil

  • Humidité

    Normal

    pas les pieds dans l’eau

  • Base juridique

    Toute terre de jardin

    tout pH

  • Rusticité

    Dans toute la Belgique

    pas de protection nécessaire

  • Encombrement

    4–10 m, souvent en haie

    de haut

  • Floraison

    mai

L’essentiel en bref
Mois de taillejuin–septembre et novembre–mars
Hauteur4–10 m, souvent en haie
Indigène en BelgiqueOui
Bon pour les abeilles, papillons et oiseauxOui, pour les abeilles, papillons et oiseaux
Toxique pour l’homme et les animauxPas connu comme toxique
Floraisonmai

Reconnaître

Aubépine monogyne : quels signes distinctifs ?

Port
Arbuste ou petit arbre de 4 à 10 m à couronne dense et arrondie ; souvent en haie.
Feuille
Alternes, petites (2–5 cm), profondément découpées en 3–7 lobes.
Écorce
Brun-gris ; rameaux portant des épines acérées de 1–2,5 cm.
Fleur
Corymbes de fleurs blanches très parfumées, en mai.
Fruit
Petites baies rouges à un seul noyau (d’où « monogyne », à un seul style).
Différence avec l’aubépine à deux styles
L’aubépine à deux styles a une feuille moins profondément lobée et des baies à 2–3 noyaux ; les hybrides sont fréquents.

Floraison : mai · Récolte et fruits : avril–mai et septembre–octobre · Taille : juin–septembre et novembre–mars

Reconnaître par caractère : Feuilles lobées (comme un chêne) · Floraison blanche · Baies rouges · Épines ou aiguillons

Ressemble à, mais ce n’en est pas

  • Aubépine à deux styles (Crataegus laevigata) : feuille moins profondément lobée et baies à 2–3 noyaux ; les hybrides sont fréquents.

Dans votre jardin

Pourquoi dans votre jardin ?

  • Une haie indigène impénétrable, qui se taille net.
  • Une floraison blanche en mai pour les abeilles et d’autres insectes.
  • Des petites baies rouges en automne pour les grives, les merles et les grives litornes.
  • Un site de nidification sûr entre les épines.
  • Pousse sur presque tous les sols, au soleil ou à la mi-ombre.

Aubépine monogyne : quelle exposition ?

  • Soleil à mi-ombre ; c’est au soleil qu’elle fleurit le plus.
  • Presque tous les sols, du sable à l’argile, même calcaires ; pas de sol longtemps inondé.
  • En arbre, 5–6 m de large ; en haie, elle trouve sa place dans tous les jardins.
  • Peut porter le feu bactérien : ne la plantez pas tout près de pommiers ou de poiriers.
Exposition
Soleil ou mi-ombre
Base juridique
Toute terre de jardin
Humidité
Normal
Encombrement
8 m de haut, 6 m de large
Rusticité
Dans toute la Belgique, pas de protection nécessaire

Belle association avec

  • Noisetier : Ensemble, une haie ou une haie champêtre mixte et indigène.
  • Prunellier : Fleurit dès mars–avril, avant l’aubépine : ensemble, un fourré épineux pour les oiseaux.
  • Églantier : Fleurit en juin et donne des cynorhodons en automne.
  • Chèvrefeuille des bois : Grimpe dans la haie et embaume le soir.

Bons et mauvais voisins

Va bien avec

Plutôt pas avec

  • Arbres fruitiers qui peuvent attraper le feu bactérien de cette plante : pommier, poirier, nashi

Entretien

Aubépine monogyne : quand et comment planter ?

  1. Plantez de novembre à mars, à racines nues ou en motte.
  2. Pour une haie : 3–5 plants par mètre sur un rang, ou 5–7 par mètre sur deux rangs en quinconce.
  3. Après la plantation, rabattez les plants de haie d’un tiers : ils se ramifieront à la base.
  4. Arrosez après la plantation, paillez et gardez la bande libre d’herbe les premières années.

Entretien

Arrosage
La première année en cas de sécheresse ; ensuite, rarement nécessaire.
Fumure
Inutile ; un peu de compost au printemps sous une jeune haie.
Jeune haie
Les premières années, taillez légèrement une jeune haie chaque année, pour qu’elle devienne dense à la base.
Feu bactérien
En été, surveillez les extrémités de pousses noircies, comme brûlées, qui se recourbent en crosse.

Conseil : Plantez une haie mixte d’aubépine, de noisetier, de prunellier et d’églantier : il y aura des fleurs de janvier à juin et des baies de septembre jusqu’en hiver.

Aubépine monogyne : quand tailler ?

Mois de taille : juin–septembre et novembre–mars.

Quand : Taillez une haie après la floraison, fin juin, et éventuellement fin août. Taillez un arbre en hiver.

Comment :

  • Supporte une taille sévère ; vous pouvez faire « plesser » une vieille haie ou la rabattre en hiver.
  • Taillez une haie un peu plus étroite au sommet qu’à la base, pour que le bas reçoive aussi de la lumière.
  • Une aubépine isolée demande peu de taille : supprimez les branches mortes, qui se croisent ou trop basses.
  • Portez des gants solides et des manches longues contre les épines.

Attention : Ne taillez pas pendant la période de nidification si des oiseaux nichent encore dans la haie : vérifiez d’abord. Désinfectez votre sécateur si vous coupez des branches atteintes de feu bactérien.

Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base

Multiplication

Semis
Extrayez les noyaux de baies mûres et semez-les en automne, dehors, en pot ; ils ne germent souvent qu’au deuxième printemps.
Semis spontanés
Les oiseaux la ressèment d’eux-mêmes : vous pouvez transplanter un jeune semis dans la haie en hiver.

Aubépine monogyne : quelle résistance au froid ?

Rustique dans toute la Belgique : aucune protection nécessaire.

  • Entièrement rustique.
  • Les baies rouges restent souvent jusqu’en hiver : de la nourriture d’hiver pour les grives, les merles et les grives litornes.

Maladies et ravageurs

  • Feu bactérien : Les fleurs et l’extrémité des pousses noircissent soudain, comme brûlées, et les pointes se recourbent. Par temps sec, coupez largement les branches atteintes jusque dans le bois sain et désinfectez votre sécateur.
  • Hyponomeutes : En mai–juin, la haie se couvre parfois de toiles gris-blanc pleines de chenilles qui mangent les feuilles. Impressionnant, mais l’arbuste refait des feuilles en été.
  • Oïdium : Feutrage blanc poudreux sur les jeunes pousses, surtout sur les haies taillées. Généralement sans gravité.
  • Pucerons : Pucerons sur les jeunes pousses au printemps ; les mésanges et les coccinelles s’en chargent.

Toute l’année

  • Janvier : Taille d’hiver des arbustes libres et des arbres ; rabattre une vieille haie.
  • Février : Taille d’hiver ; faire plesser une vieille haie.
  • Mars : Dernier mois pour la taille d’hiver et la plantation.
  • Mai : Floraison : des fleurs blanches parfumées pour les insectes.
  • Juin : Tailler la haie après la floraison (fin juin), si plus aucun oiseau n’y niche.
  • Juillet : Surveiller le feu bactérien et couper les pousses atteintes.
  • Août : Deuxième taille de la haie fin août, si nécessaire.
  • Septembre : Dernière taille de la haie ; les baies rougissent.
  • Octobre : Des baies pour les oiseaux ; semer les noyaux.
  • Novembre : Planter les plants de haie ; la taille d’hiver peut commencer.
  • Décembre : Taille d’hiver des arbres et des arbustes libres.

Utiliser

Que peut-on en faire ?

Jardin et paysage
Haie impénétrable et clôture pour le bétail ; aussi en petit arbre.
Pour la nature
Une plante de premier choix : des fleurs pour les insectes, des baies pour les oiseaux et un site de nidification sûr.
À manger et à boire
Les cenelles sont comestibles cuites (gelée), mais fades ; ne mangez pas le noyau.

Comestible et utile

Feuilles (avril)
Les jeunes feuilles vert tendre d’avril se mangent crues, en salade ou sur une tartine. En Angleterre, on les appelait « bread and cheese ».
Fleurs (mai)
Les fleurs et les jeunes feuilles en mai, par temps sec, à faire sécher pour une tisane. Les fleurs ont une odeur forte, que certains trouvent un peu désagréable.
Baies (septembre–octobre)
Les petites baies rouges (cenelles) en septembre et en octobre, quand elles sont rouge foncé et un peu molles. Crues, elles sont farineuses et fades ; cuites et passées au tamis, elles donnent un ketchup, une gelée ou un sirop.
Conservation
Faites sécher les fleurs et les feuilles sur une grille à l’ombre et conservez-les dans un bocal fermé, à l’abri de la lumière, jusqu’à un an. Les baies se congèlent.

Attention : Ne mangez pas les noyaux : ils contiennent des composés cyanogènes. Retirez-les toujours au tamis. Si vous prenez des médicaments pour le cœur ou la tension, ne buvez pas régulièrement de tisane d’aubépine sans en parler à votre médecin. Ne confondez pas les cenelles avec les baies de l’if, du houx ou du cotonéaster. L’aubépine a des feuilles profondément lobées et des épines. Cueillez loin des routes fréquentées et des champs traités, et ne mangez jamais ce que vous n’avez pas identifié avec certitude.

Manger et utiliser se fait à vos propres risques : voir les conditions d’utilisation.

Recettes

Bon pour la faune

Oiseaux
Des baies, des graines ou des insectes à manger, ou un endroit pour nicher.
Chenilles
Plante hôte : les chenilles de papillons de jour ou de nuit mangent ses feuilles.
Abeilles
Nectar et pollen pour les abeilles domestiques et sauvages.
Syrphes
Des fleurs ouvertes pour les syrphes ; beaucoup de leurs larves mangent des pucerons.
Hérissons
Un abri et une litière de feuilles pleine d’insectes.

Vous et cette espèce

Le saviez-vous ?

  • Son nom néerlandais (meidoorn, « épine de mai ») rappelle sa floraison en mai. L’un des meilleurs arbustes pour les oiseaux et les insectes.
  • Autrefois, les haies d’aubépine étaient plessées pour former une clôture impénétrable pour le bétail.
  • Ses fleurs sentent le sucré mais aussi un peu le renfermé : une odeur qui attire surtout les mouches et les coléoptères.
  • En Angleterre, faire entrer des fleurs d’aubépine dans la maison passait autrefois pour porter malheur. Ces fleurs contiennent de la triméthylamine, une substance qui se dégage aussi lors de la putréfaction.
  • À Glastonbury, en Angleterre, pousse une forme d’aubépine qui fleurit aussi vers Noël. Selon la légende, elle serait née du bâton de Joseph d’Arimathie.

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