Poirier sauvage (Pyrus pyraster)

Photo : Rosser1954, Public domain · source

Feuillu · Rosacées (Rosaceae)

Poirier sauvage

Pyrus pyraster

Le poirier sauvage est l’un de nos arbres indigènes les plus rares : en Belgique et aux Pays-Bas, il n’en reste que peu, dispersés dans les lisières, les haies et les haies bocagères. Vous le reconnaissez à ses rameaux courts épineux, à sa feuille luisante sur un long pétiole et à ses petites poires dures pleines de cellules pierreuses. En avril, il fleurit en blanc, avec des anthères rouge pourpre bien visibles. Il atteint 8 à 20 m de haut, mais avec une couronne étroite d’environ 6 m, et il aime le soleil. Dans un grand jardin naturel, une haie bocagère ou une prairie, c’est un arbre précieux pour les abeilles, les oiseaux et les mammifères.

Attention : Plante hôte du feu bactérien et sensible à la rouille grillagée : ne le plantez pas près de genévriers ornementaux. Il est aussi sensible à la juglone : pas près d’un noyer.

  • Exposition

    Plein soleil

    chaud et lumineux

  • Humidité

    Normal

    pas les pieds dans l’eau

  • Base juridique

    Toute terre de jardin

    tout pH

  • Rusticité

    Dans toute la Belgique

    pas de protection nécessaire

  • Encombrement

    8–20 m

    de haut

  • Floraison

    avril–mai

L’essentiel en bref
Mois de taillenovembre–mars
Hauteur8–20 m
Indigène en BelgiqueOui
Toxique pour l’homme et les animauxPas connu comme toxique
Floraisonavril–mai

Reconnaître

Poirier sauvage : quels signes distinctifs ?

Port
Arbre de 8 à 20 m, à couronne étroite d’environ 6 m ; rameaux courts à pointe épineuse.
Feuilles
Alternes, 2–7 cm, rondes à ovales, finement crénelées ou presque entières, luisantes et glabres ; le pétiole est à peu près aussi long que le limbe.
Écorce
Gris foncé à noirâtre, fissurée en petits blocs carrés ; rameaux courts à pointe épineuse.
Fleurs
Fleurs blanches aux anthères rouge pourpre, en avril, avant ou avec les feuilles.
Fruits
Petits fruits ronds à piriformes de 1,5–3,5 cm, brun jaunâtre, durs et âpres, avec des cellules pierreuses ; comestibles seulement une fois blets.
Différence avec le poirier
Le poirier cultivé a de grosses poires sucrées et des rameaux sans épines.
Différence avec le pommier sauvage
Le pommier sauvage a une feuille mate à pétiole plus court, de petites pommes acides sans cellules pierreuses et des fleurs aux anthères jaunes.

Floraison : avril–mai · Récolte et fruits : septembre–novembre · Taille : novembre–mars

Reconnaître par caractère : Floraison blanche · Épines ou aiguillons

Ressemble à, mais ce n’en est pas

Dans votre jardin

Pourquoi dans votre jardin ?

  • Un arbre indigène très rare : en plantant un poirier sauvage, vous l’aidez.
  • Une floraison précoce en avril pour les abeilles.
  • Les petits fruits nourrissent les oiseaux et les mammifères.
  • Une couronne étroite : malgré sa hauteur, il prend peu de place en largeur.
  • Un bois fin, dur et teinté de rose pour le tournage et les instruments.

Poirier sauvage : quelle exposition ?

  • Plein soleil ; à l’ombre, il fleurit et fructifie peu.
  • Terre de jardin ordinaire, sable, limon ou argile, pas trop humide.
  • Comptez 8–20 m de haut et une couronne d’environ 6 m : pour un grand jardin, une haie bocagère ou une prairie.
  • Pas à proximité d’un genévrier ornemental (rouille grillagée) ni d’un noyer (juglone).
Exposition
Plein soleil
Base juridique
Toute terre de jardin
Humidité
Normal
Encombrement
12 m de haut, 6 m de large
Rusticité
Dans toute la Belgique, pas de protection nécessaire

Belle association avec

  • Poirier : Fleurit à la même période et peut aider à polliniser les variétés de poires du voisinage.
  • Prunellier : Un arbuste indigène épineux qui garnit la haie bocagère autour du poirier sauvage.
  • Érable champêtre : Un arbre ou une haie indigène pour la même haie bocagère, à la couleur d’automne jaune.
  • Troène commun : Un arbuste indigène aux fleurs blanches en juin et aux baies noires, pour la lisière.

Bons et mauvais voisins

Va bien avec

Plutôt pas avec

Entretien

Poirier sauvage : quand et comment planter ?

  1. Plantez de novembre à mars, quand le sol n’est pas gelé.
  2. Demandez des plants d’origine indigène : beaucoup de « poiriers sauvages » sont des poiriers cultivés retournés à l’état sauvage ou hybridés.
  3. Plantez un jeune arbre : les poiriers sauvages forment une racine pivotante profonde et supportent mal la transplantation une fois plus grands.
  4. Protégez le tronc des lapins et des chevreuils, et arrosez après la plantation et pendant les premiers étés en cas de sécheresse.

Entretien

Arrosage
Les premières années en cas de sécheresse ; ensuite, il se débrouille grâce à ses racines profondes.
Fumure
Inutile.
Épines
Portez des gants pour tailler et cueillir.
Fruits
Laissez-les aux animaux, ou cueillez-les en automne et laissez-les blettir à l’intérieur.

Conseil : Après la cueillette, laissez les petites poires dures quelques semaines jusqu’à ce qu’elles deviennent brunes et molles (blettes) : elles deviennent alors plus sucrées et vous pouvez les manger ou en faire une compote.

Poirier sauvage : quand tailler ?

Mois de taille : novembre–mars.

Quand : Vous pouvez supprimer les branches mortes, malades ou cassées toute l’année. S’il faut tailler, faites-le pendant le repos hivernal (novembre–mars).

Comment :

  • Peu de taille nécessaire : laissez la couronne naturelle et étroite.
  • Sur un jeune arbre, supprimez les doubles flèches et les branches qui se croisent. Portez des gants à cause des épines.

Attention : Si vous voyez du feu bactérien, coupez largement dans le bois sain par temps sec et désinfectez votre sécateur après chaque coupe.

Taille : quand et comment · Calendrier de taille et règles de base

Multiplication

Semis
En automne, sortez les graines des fruits mûrs et semez-les dehors dans une caissette : elles ont besoin du froid de l’hiver pour germer. Si des poiriers cultivés poussent à proximité, le semis peut être un hybride.

Poirier sauvage : quelle résistance au froid ?

Rustique dans toute la Belgique : aucune protection nécessaire.

  • Entièrement rustique.
  • En hiver, vous le reconnaissez à son écorce sombre fissurée en petits blocs et à ses rameaux courts épineux.

Maladies et ravageurs

  • Feu bactérien : Les fleurs et les rameaux flétrissent et noircissent comme brûlés, avec une extrémité recourbée. Coupez les branches atteintes largement dans le bois sain et désinfectez votre sécateur.
  • Rouille grillagée : Taches orange sur les feuilles, avec de petites excroissances au revers. Le champignon passe l’hiver sur les genévriers ornementaux : n’en plantez pas à proximité.
  • Tavelure du poirier : Taches sombres sur les feuilles et les fruits. Ramassez les feuilles tombées.
  • Dégâts de gibier : Les chevreuils et les lapins rongent les jeunes arbres : protégez le tronc.

Toute l’année

  • Janvier : Taille si nécessaire.
  • Février : Taille ; saison de plantation hors gel.
  • Mars : Dernier mois pour tailler et planter.
  • Avril : Floraison blanche aux anthères rouge pourpre : abeilles.
  • Mai : Attention au feu bactérien par temps chaud et humide.
  • Août : Inspecter les feuilles pour la rouille grillagée.
  • Octobre : Fruits mûrs : les laisser aux animaux ou les faire blettir.
  • Novembre : Saison de plantation ; la taille peut reprendre.
  • Décembre : Taille si nécessaire.

Utiliser

Que peut-on en faire ?

Bois
Bois fin, dur et teinté de rose pour le tournage, les instruments et la gravure sur bois.
Pour la nature
Floraison précoce pour les abeilles ; les petits fruits nourrissent les oiseaux et les mammifères.
Jardin et paysage
Arbre indigène rare pour les haies bocagères et les jardins naturels.

Attention : Plante hôte du feu bactérien et sensible à la rouille grillagée du poirier.

Comestible et utile

Fruits (septembre–novembre)
Cueillez ou ramassez les poires de la mi-septembre à la mi-novembre, quand elles sont jaune-brun et se détachent facilement ou tombent d’elles-mêmes. Elles sont petites, dures et âpres, avec beaucoup de cellules pierreuses (chair granuleuse). Crues, elles ne se mangent que blettes : laissez-les mûrir quelques semaines dans une caisse, dans un endroit frais et sec, jusqu’à ce que la chair soit molle et brune. Pour les compotes, les chutneys et les gelées, vous pouvez les utiliser dures et les cuire longtemps. Laissez des fruits sur l’arbre pour les oiseaux et les mammifères. Attention aux rameaux épineux.
Conservation
Les poires dures se gardent quelques semaines en une seule couche, dans un endroit frais, sombre et sec : elles s’attendrissent et blettissent d’elles-mêmes. Les poires blettes ne se gardent pas longtemps, transformez-les vite. Les poires séchées se gardent un an dans un bocal fermé. Les poires mijotées peuvent être congelées.

Attention : Ne mangez les poires crues que lorsqu’elles sont complètement blettes : dures, elles sont âpres et granuleuses au point d’être presque immangeables. Ne croquez pas les pépins : les pépins de poire et de pomme contiennent de l’amygdaline. Jetez les fruits pourris, moisis ou véreux. Les personnes allergiques à la poire (ou au pollen de bouleau) peuvent réagir aux fruits crus. Le poirier sauvage est rare en Flandre : ne cueillez pas en réserve naturelle et laissez la plus grande partie des fruits à la faune. Ne le confondez pas avec des poiriers d’ornement ou des arbres plantés le long des routes et dans les parcs, souvent traités, et ne cueillez pas près de routes fréquentées ou dans des vergers traités. Les rameaux portent des épines : prudence à la cueillette. Ne mangez jamais ce que vous n’avez pas identifié avec certitude.

Manger et utiliser se fait à vos propres risques : voir les conditions d’utilisation.

Recettes

Vous et cette espèce

Le saviez-vous ?

  • Le bois de poirier est fin, dur et ne se déforme pas : c’était autrefois le bois classique des règles à dessin, des gravures sur bois et des flûtes à bec.
  • Les cellules pierreuses sont les petits grains durs que l’on sent aussi dans certaines poires cultivées ; le poirier sauvage en est rempli.

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